17 septembre 2017

TRAMEL... LE BOUIF : Que faire ?... Que faire ?...


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 9 septembre 2017
Réf : 166.456 -- Édité par Odéon en France dans les années 1930
Support : 78 tours 25 cm
Titres : Que faire ?... Que faire ?... -/- Devinette musicale

L'autre samedi chez Emmaüs, en plus des 45 tours comme celui de Roger Zami, il y avait un carton de 78 tours. Je l'ai regardé vite fait, peut-être trop rapidement d'ailleurs car il y avait dedans plutôt des disques de chansons grivoises que du classique, de l'opérette ou de la musique militaire, ce qu'on trouve le plus souvent dans ce format.
En tout cas, j'ai sélectionné deux disques, celui-ci et un de 1932 de Prior, de L'Empire, avec en face B une "chanson arabe" intitulée Y en a bon en Afrique qui, vous vous en doutez bien, n'a absolument aucun relent raciste !
Une fois rentré à la maison, j'ai cherché en ligne des informations sur ces disques qui, a priori, ne sont pas particulièrement rares. Et là, on se vite compte que le patrimoine discographique français reste fortement délaissé.
Un seul disque est référencé dans le catalogue de la bibliothèque nationale, aucun à la Médiathèque musicale de Paris. Aucun son n'est en ligne sur des sites d'institutions françaises. Sur les sites internationaux, rien sur Archive.org ni Discogs, une seule des quatre faces, la A du Prior, Les filles de Marseille, est en écoute sur YouTube. Clairement, d'un point de vue numérisation et valorisation, on ne traite pas le patrimoine enregistré aussi bien que tout ce qui est imprimé...
Heureusement, on trouve des informations sur la biographie et le parcours de Tramel, alias Félicien Martel (1880-1948), notamment chez Du temps des cerises aux feuilles mortes, où l'on apprend qu'il a enregistré 96 titres, dont 36 monologues et 60 chansons, parmi lesquelles J'ai ma combine et C'est pour mon papa de Georges Milton. Sa discographie complète a été publiée dans la revue Phonoscopies de Gérard Roig, mais malheureusement elle n'est pas reprise en ligne.
Tramel a également fait carrière au théâtre dans quelques comédies musicales, et surtout au cinéma, où il a principalement interprété, en muet et en parlant, de 1922 à 1934, le personnage d'Alfred Bicard dit Le Bouif. Notons que ce personnage du Bouif a été créé dans les pages du Canard enchaîné par Georges de la Fouchardière.
Les deux chansons de ce disque, orchestrées par Albert Valsien, sont légères et très réussies. En moins de 2'30, il y a beaucoup de paroles, que je retranscris ci-dessous, mais les situations sont exposées très rapidement et efficacement, et ensuite ça peut dérouler.
Que faire ?... Que faire ?..., sur des paroles de Georgius, détaille les affres d'un fiancé qui veut plaire à sa future belle-famille. Quand il se met à dérailler devant l'ampleur de la tâche ("Épouser l'contremaître qu'est enceinte d'une moto"), on touche presque au surréaliste.
Devinette musicale, est un exercice de style avec pour trame les dépenses d'un gars pour amener une fille dans son lit. Les paroles sont de Jules Combe et René Sarvil, et chaque couplet se termine par le nom d'un instrument. J'apprécie que d'autres références à des instruments se soient glissées plus discrètement au cœur des couplets : cinq balles, Saxe, corde, diapason.
Au bout du compte, j'ai fait avec ce disque une plongée agréable dans l'histoire de la chanson. Au point que j'ai quelques regrets, et j'essaierai sûrement de voir s'il reste quelques-uns des 78 tours que j'ai laissés lors de ma prochaine visite à Tours-sur-Marne.

Tramel... le Bouif : Que faire ?... Que faire ?....
Tramel... le Bouif : Devinette musicale.

Que faire ?... Que faire ?...
(Paroles de Georgius, Musique de Tremolo)

Je fais la cour à une jeune fille dont j'espère devenir l'époux
Je suis reçu par la famille, les parents sont gentils comme tout
Le père veut me vendre sa bagnole, la mère veut apprendre le piano
La bonniche a une envie folle de s'acheter une grosse moto
Le petit frère joue au ballon, la sœur aînée adore le melon

Que faire ?... Que faire ?... Pour ne pas leur déplaire
Dois-je épouser la fille et racheter l'auto ?
Cultiver des pastèques, apprendre le piano ?
Que faire ?... Que faire ?... Je voudrais tant leur plaire
Dois-je faire du football avec le petit Toto ?
Apprendre à la bonniche à monter en moto ?
Que faire ?... Que faire ?... C'est trop, c'est trop, c'est trop

Au dîner de nos fiançailles, on m'a présenté les cousins
Ils font l'élevage de la volaille et la r'production des lapins
J'ai vu aussi la tante Charlotte, une folle qui joue du saxophone
Son mari qui fait la belote, et l'grand-père qui fait le Charleston
Mon sort je le sens dépend d'eux, ils m'observent et je suis anxieux

Que faire ?... Que faire ?... Pour ne pas leur déplaire
Dois-je acheter la voiture, la bonne ou la moto ?
Cultiver des lapins qui apprendront l'piano ?
Que faire ?... Que faire ?... Je voudrais tant leur plaire
Dois-je élever la tante qui joue du saxophone ?
Épouser une volaille qui fera le Charleston ?
Que faire ?... Que faire ?... C'est trop, ma tête bouillonne

La situation se complique, car le père, un gros commerçant,
A son comptable qui trafique, sa caissière qui a deux amants,
Son contremaître qui pousse des plaintes parce qu'il perd la moitié de ses cheveux
La dactylo qui est enceinte et l'veilleur de nuit qu'est gâteux
Comme plus tard j'aurai la maison, il m'observe avec juste raison

Que faire ?... Que faire ?... Pour ne pas leur déplaire
Dois-je dénoncer l'comptable qu'a deux amants gâteux ?
Cultiver des volailles qui perdent leurs cheveux ?
Que faire ?... Que faire ?... Je voudrais tant leur plaire
Dois-je faire le Charleston, la belote ou l'piano ?
Épouser l'contremaître qu'est enceinte d'une moto ?
Que faire ?... Que faire ?... C'est fou, j'deviens dingo.

Devinette musicale
(Paroles de J. Combe et R. Sarvil, musique d'E. Gavel)

J'vais vous dire une histoire dans laquelle la musique termine chaque couplet avec un instrument.
Vous le devinerez.

Place de la République, je rencontre une jeune fille de 15 à 33 ans
Mais je me dis in petto, qui va sano va... piano

Après des pourparlers, dans un taxi j'l'emballe
Pour le 68 de la rue des Vertus
C'est un restaurant chic à prix fixe, cinq balles
D'où je croyais sortir tous les deux bien repus
Mais dans le fond de nos assiettes, on ne bouffa que des... clarinettes

Pour compléter l'menu, dehors je lui offre encore
Dix sous de cacahuètes chez un marchand de marrons
Une place à trois francs pour voir un film sonore
Mais elle dit, je ne suis pas bête à manger du thon
Puis après m'avoir dit, "Zut !"
Elle veut s'tirer des... flûtes

Je la r'pêche aussitôt et pour lui re-re-plaire
J'lui offre un p'tit café sur le zinc d'un bistrot
Puis, chez un fabricant de casseroles en terre
Un joli vase en porcelaine de Saxe [pour eau]
Mais elle demande au patron
"Voulez-vous m'indiquer où..." piston

Ça m'avait refroidi. Mais bientôt elle m'accorde
De venir avec moi jusque dans ma maison
Et comme, de son cœur, je crois toucher la corde,
Je mets le mien de suite au même diapason
En lui susurrant, mignonne,
Vraiment, vous êtes... trombone

Mais, quand ma dulcinée enfin se mit à l'aise
Quand je fis l'inventaire de ses trésors cachés
Je lui dis, non, c'est samedi, jour de semaine anglaise
Remballe ta marchandise, les bureaux sont fermés
Et je m'enfuis à mon tour
Sans trompette ni... tambour

16 septembre 2017

ROGER ZAMI - LES MAXELS : Salut champion


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 9 septembre 2017
Réf : RC 80 -- Edité par Aux Ondes/Disques Célini en France en 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : ROGER ZAMI : Salut champion -- LES MAXELS : Tumbélé -/- Biguine Roger Zami -Vini dansé tumbélé

Samedi dernier, la presse avait annoncé que les vinyls de l'Emmaüs de Tours-sur-Marne seraient de sortie, sûrement pour la première fois depuis juin dernier, quand j'avais acheté le 45 tours de Freddie Bell.
J'imagine que les voraces du disque piétinaient devant la porte bien avant l'ouverture. Pour ma part, je me suis assuré d'arriver tranquillement un quart d'heure plus tard. Évidemment, à cette heure les 33 tours étaient pris d'assaut, mais on pouvait encore se contorsionner pour accéder aux 45 tours.
L'ami Damien m'avait précédé, il a donc pu empocher le Lola des Kinks. Pour ma part, j'ai su que j'avais fait ma trouvaille du jour quand j'ai mis la main sur cette pochette très colorée, que j'ai vu qu'elle était du label Aux Ondes de René Célini, et, en la retournant, que Les Maxels étaient de la partie. Il y avait deux autres 45 tours Aux Ondes dans les bacs, qui venaient du même propriétaire, mais je les avais déjà : ils compléteront la collection de Philippe R.
Au bout du compte, j'ai trouvé aussi quelques autres 45 tours, deux 78 tours et deux CD intéressants. Bonne pioche, donc.

Je n'avais jamais entendu parler de Roger Zami, mais je me suis bien douté qu'il y avait quelque chose de particulier puisqu'il est précisé au dos de la pochette que Salut champion, le premier titre du disque, est une interview avec lui.
Une fois rentré à la maison, j'ai écouté le disque et j'ai cherché son nom en ligne, et j'ai appris que Roger Zami était un boxeur né en Guadeloupe en 1941, devenu champion de France en janvier 1970, c'est le moment où ce disque a été enregistré, puis champion d'Europe en février 1972.
Il a perdu son titre européen en octobre 1972 et disputé son dernier combat en août 1974. il est mort, "tragiquement", en novembre 1977.A Le Gosier en Guadeloupe, sa ville natale, la rue qui le longe et le stade municipal portent le nom de Roger Zami.
Il est assez attachant dans l'interview, avec des réponses sur un ton très posé aux questions du journaliste.


Roger Zami, champion de France de boxe, photo trouvée sur le site Boxing nazairien.

Je connais et j'apprécie Les Maxels depuis 2008, quand j'ai acheté en bas de chez moi leur excellent Désordre musical. Depuis, j'ai pu acheter plusieurs de leurs disques, dont Dansez Ou-Lé-Lé.
Le nom du groupe n’apparaît pas au recto de la pochette, et il est seulement en tout petit au dos, cela explique sûrement pourquoi ce disque n'est pas répertorié dans leur discographie, ni sur Wikipedia ni sur Discogs. Pourtant, en-dehors de l'interview, cet EP nous propose bel et bien trois excellents titres des Maxels, non édités par ailleurs.
Biguine Roger Zami est un titre hommage de circonstance, qui mentionne les exploits sportifs l'année précédente d'un autre guadeloupéen, Roger Bambuck. Musicalement, c'est très bien, avec un assez long solo de saxophone suivi d'une autre partie de cuivres.
Les deux autres chansons, Tumbélé (où il est question de rendez-vous au bar à Gégé) et Vini dansé tumbélé, sont, comme leur titre l'indique je suppose, des tumbélés, concoctés avec des ingrédients similaires : une rythmique basse et percussions implacable, autour de laquelle s'enroule  un tricot d'orgue, un chant entraînant, le saxophone en instrument principal, avec les guitares électriques qui ne sont jamais loin derrière, les deux instruments se relayant pour les solos.
Les Maxels ont enregistré plusieurs albums, notamment chez Debs. Chez Célini, ils ont sorti plusieurs 45 tours sous leur nom et ils ont accompagné plusieurs autres artistes. Il y a largement la matière pour produire une excellente compilation, rien qu'en se concentrant sur leurs premières années. Ça viendra peut-être...

Roger Zami : Salut champion (Interview). Les Maxels : Tumbélé.
Les Maxels : Biguine Roger Zami.
Les Maxels : Vini dansé tumbélé.
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09 septembre 2017

AIMABLE : Tainted love


Offert par Dorian Feller à Villedommange le 26 août2017
Réf : 101619 -- Édité par Vogue en France en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Tainted love -/- Radio Montmartre

Je sais comment l'ami Dorian s'est procuré ce disque qu'il m'a très gentiment offert : il est passé avant moi chez Hervé L. et s'est souvenu que je cherchais ce disque...
J'ai découvert l'existence de ce 45 tours et j'ai eu envie de me le procurer en voyant sa pochette très bigarrée dans les documents de communication de l'exposition sur La maison Vogue montée par Zebrock en 2011, présentée à Villetaneuse et puis à la Bibliothèque Nationale de France.
Je connais depuis longtemps les incursions d'Aimable dans les tubes new wave : j'ai chroniqué ici il y a quelques années sa version de Main dans la main d'Elli et Jacno.
C'était une pratique répandue : Aimable a pendant très longtemps fait la promotion du catalogue de son label Vogue avec ses versions instrumentales à l'accordéon et à l'orgue. Dans les années 1960, il reprenait notamment Françoise Hardy. En 1981, sur son double album 28 tubes qu'on avait à la maison, outre Elli et Jacno qui étaient chez Vogue, il y avait Food (for thought), le tube d'UB 40, diffusé en France par... Vogue. Et la semaine dernière, j'ai réussi à ne pas ramener à la maison, même s'il ne coûtait qu'1 €, un autre double album d'Aimable de 1981 (!), 28 tubes pour le plaisir, sur lequel on trouvait Stop the cavalry de Jona Lewie, un grand succès de Stiff Records sorti en France par Vogue.
Et, on en vient au disque qui nous intéresse aujourd'hui, Aimable a publié, toujours en 1981 mais sur un 45 tours hors album, sa version de Tainted love.
On a déjà eu l'occasion d'en parler ici, on sait que la version originale de Tainted love est due à Gloria Jones, en 1965. Mais parfois une reprise est tellement réussie qu'elle vampirise en quelque sorte la chanson originale. C'est le cas avec la version par Soft Cell de Tainted love, surtout dans la version maxi enchaînée avec Where did our love go ?, qui pour moi comme pour beaucoup d'autres je pense est la version de référence.
Le disque de Soft Cell est paru sur le label indépendant  anglais Some Bizarre, qui avait un contrat de licence pour la France avec  le label indépendant Celluloïd qui, quand les ventes ont décollé après la sortie initiale du maxi, a fait appel à son partenaire Vogue pour diffuser largement ce disque.
L'intro de la version d'Aimable de Tainted love est frappante : on a l'impression que c'est celle du disque de Soft Cell. Ça change après, cependant, il y a beaucoup de cuivres, auxquels se mêlent l'accordéon et du synthé.
J'ai été surpris de découvrir que c'est un autre vétéran de la Radio Primitive, Golgoth The Mod, qui a mis ce titre sur YouTube. Mais après tout, Tainted love est un classique du Northern soul, et cette version lui fait honneur.
Changement d'ambiance en face B avec Radio Montmartre et du vrai musette. Ce n'est pas précisé, mais il s'agit sûrement d'une composition réalisée pour la toute jeune radio libre Radio Montmartre, un jingle ou un indicatif d'émission : il y avait beaucoup d'accordéon au programme et Aimable lui-même intervenait à l'antenne.
Le titre est co-signé Aimable et Maurice Larcange, un autre grand nom de l'accordéon, dont le père, Emile Larcanché, professeur de musique réputé, a justement eu Aimable pour élève !
Merci encore à Dorian pour ce cadeau. J'en viens presque à regretter que ce disque n'ai pas pu figuré pas dans ma Discographie personnelle de la New Wave !

03 septembre 2017

GOGUIN HOUNZINMÈ et son ensemble folklorique LE "ZINLI" D'ABOMEY : Mi djè midé si


Acquis chez Hervé L. à Épernay le 24 juillet 2017
Réf : MFD n° 24 -- Édité par Les Impressions Sonores du Bénin au Dahomey entre 1960 et 1975
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Mi djè midé si -/- Adjanou hla

J'ai ramené ce disque de chez Hervé, comme le Marie-Josée et Roger Clency. C'est le seul disque africain du lot. Il doit être relativement rare : il y a bien vingt disques des Impressions Sonores du Bénin répertoriés sur Discogs, parmi lesquels je repère le nom d'El Régo, que je connais depuis seulement quelques mois, mais ce 45 tours de Goguin Hounzinmè n'y figure pas. Et d'ailleurs c'est bien simple, je ne trouve en ligne aucune référence à Goguin Hounzinmè !
L'adresse du label à Cotonou est donnée au dos de la pochette comme étant située en République du Dahomey, le nom officiel de l'actuelle République du Bénin de 1960 à 1975. Le disque doit donc dater de cette période et, au vu de la typographie sur l'étiquette en papier, je dirais plutôt de la fin des années 60-années 1970.
Il est clairement indiqué que l'on a affaire à de la musique folklorique. Le nom de l'ensemble, Le "Zinli" d'Abomey, nous renseigne sur le style musical. En effet, le zinli est un rythme traditionnel exécuté à l'origine lors de funérailles. Mais il a évolué et a acquis un caractère plus festif.
D'un point de vue musical, je cite le site Tourisme Bénin, "Le Zinli se joue avec les Kpézin qui sont des tam-tams ayant deux formes nuancées par la taille : Kpézinnon et Kpézinvi. On leur associe un vase tambour ayant donné son nom au rythme : Zinli. Tout cela se fait accompagné des sons de gongs, de hochets et battements de mains soutenus par des chants et danses.".
Si vous voulez voir comment on joue du zinli, regardez sur cette vidéo comment les musiciens jouent du vase tambour marqué "Zodji".
Depuis les années 1980, le zinli dit "rénové" a connu une grande popularité grâce au "roi" Alekpehanhou, dont je vous propose de regarder la vidéo pour la chanson Awo mèwito.
J'imagine assez bien que, en son temps, Goguin Hounzinmè était le roi du zenli traditionnel. En tout cas, je remarque que les deux faces du 45 tours, Mi djè midé si et Adjanou hla, sont construites de la même façon que le morceau d'Alekpehanhou : une première partie avec de la voix seule, avec ou sans choeurs, avant que les instruments n'entrent dans la danse.
Si quelqu'un en sait plus sur Goguin Hounzinmè, qu'il n'hésite pas à partager ses informations en commentaire. En attendant, je vous propose d'écouter ci-dessous les deux faces du disque.

Goguin Hounzinmè : Mi djè midé si.
 Goguin Hounzinmè : Adjanou hla.
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02 septembre 2017

WILSON PICKETT : I found a true love


Acquis sur le vide-grenier du Jard à Epernay le 13 août 2017
Réf : 650 114 -- Édité par Stax en France en 1968
Support : 45 tours 17 cm
Titres : I found a true love -/- For better or worse

Il y a des brocantes sur le Jard à Épernay tous les mois, voire même tous les quinze jours à certaines périodes de l'année, mais la plupart du temps elles ne rassemblent que la même grosse poignée de vendeurs professionnels locaux, et sont donc de peu d'intérêt. Mais, une ou deux fois par an, notamment à la mi-août, il y a un événement plus important, avec des vendeurs venus de plus loin, et là il y a parfois la possibilité de faire une bonne affaire.
C'est ce qui m'est arrivé le mois dernier, où j'ai acheté des disques intéressants sur quatre stands, dont celui-ci à un pro du disque arrogant, qui avait des disques très chers, mais aussi une boîte à 1 €, la seule que j'ai regardée, où j'ai bizarrement trouvé le 45 tours 2 titres "juke-box" de L'eau à la bouche de Gainsbourg, le Save me de Julie Driscoll & Brian Auger et ce 45 tours de Wilson Pickett.
Celui-là, je sais pourquoi il n'était "qu'à" 1 € : le disque est en bon état, mais il n'y a que la moitié de la pochette papier, le recto heureusement, qui a été collée sur celle d'un disque publicitaire largement diffusé, que j'ai peut-être bien quelque part, le Cosmos 70 de Grundig.
Comme beaucoup de disques Stax ou Atlantic diffusés par Barclay à cette époque, celui-ci porte le tampon de Rhythm and Blues Formidable, une excellente collection, mais les disques qu'elle contient ne sont malheureusement pas tous essentiels : j'ai récemment été déçu par le Born again de Sam and Dave, dont la photo de pochette était pourtant très sympathique.
Sur ce titre, la discographie de Wilson Pickett peut être piégeuse de prime abord.
En effet, il a sorti en 1967 sur 45 tours Atlantic 45-2394 et sur l'album The sound of Wilson Pickett la chanson I found a love, de Robert West, Willie Schofield et Wilson Pickett. Cette chanson, un slow, est très bien, mais elle n'a rien à voir avec celle qui nous intéresse aujourd'hui.
En effet, l'année suivante, Wilson Pickett a sorti sur 45 tours Atlantic 45-2558 et sur l'album The midnight mover la chanson I found a true love de Reggie Young et Bobby Womack, diffusée en France sur ce 45 tours à la pochette jaune (alors que l'album, lui, n'est pas sorti chez nous à l'époque).
Donc, I found a true love est co-signé par Bobby Womack. Je ne le savais pas avant, mais Pickett a contribué à faire reconnaître Womack comme compositeur en enregistrant dix-sept de ses chansons, de 1966 à 1968, à Memphis et Muscle Schoals. Ces chansons viennent justement d'être rassemblées pour la première fois sur la compilation Wilson Pickett sings Bobby Womack, éditée par Ace cet été.
Sur l'album The midnight mover, produit par Tom Dowd, c'est carrément six des onze titres qui sont co-écrits par Womack. Certains sont des originux, d'autres sont des reprises. C'est le cas de I found a true love, parue initialement en 1965 en face B d'un 45 tours de Bobby Womack of The Valentinos. La version originale est excellente. La version Pickett est meilleure encore, un rhythm and blues d'anthologie, avec une très bonne partie de guitare électrique et la puissance de la voix qui emporte tout.
La face B, For better or worse, qui est aussi sur l'album, est très bien également. C'est un slow blues marqué par des choeurs aux accents gospel.




Le verso de la pochette, que je n'ai pas, avec un supplément de gommettes.

27 août 2017

MARIE-JOSÉE & ROGER CLENCY : Pas touche mo joué-joué


Acquis chez Hervé L. à Épernay le 24 juillet 2017
Réf : 3.003 -- Édité par AS en France probablement dans les années 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : MARIE-JOSÉE : Pas touche mo joué-joué -/- ROGER CLENCY : A la léa aller

L'ami Hervé a décidé de se séparer de sa collection de disques. Pour ma part, je suis loin d'imaginer en venir à une telle extrémité (Au contraire, je continue à ajouter des disques à ma collection chaque semaine), alors j'étais tout à fait partant pour aller voir si je trouvais chez Hervé quelques disques à mon goût.
Je n'étais pas le premier à faire le voyage, plusieurs acharnés m'ayant précédé, mais pourtant j'en suis reparti avec quelques 33 tours et CD, et surtout une grosse quarantaine de 45 tours, reflets de la variété des goûts d'Hervé puisqu'on y trouve du rock et de la chanson, des disques des années 60 et des années 80, du rap et de la musique africaine, et aussi plusieurs 45 tours de séga de La Réunion ou de l'Île Maurice.
Je m'intéresse au séga depuis que, il y a pile huit ans, j'ai acheté deux 45 tours anciens et rares de Ti Frère. Depuis, j'ai notamment acheté d'autres disques de séga à Southsea en 2010, dont le Jean-Claude et ses Wachi Wala, et à Saint Remy en Bouzemont il y a deux ans : Planning familial de Jean-Claude Thévenin.
Il y a les achats, mais aussi les cadeaux : en 2012, Philippe R. m' offert Ortensia, l'un des grands succès de Roger Clency et Marie-Josée.
Marie-Josée et Roger Clency, c'est, pendant près de soixante ans un duo à la scène et, pendant longtemps, un couple à la ville. A l'occasion du concert Nostalgie autour de Roger et Marie-Josée Clency le 11 juillet 2015 à Vacoas-Phoenix, LeMauricien.com a retracé en détails leur parcours.
En 2016, ils étaient présents avec La vie en badinage sur la compilation Soul sok séga de Strut Records.
Malheureusement, Roger Clency est mort à 74 ans en janvier 2016. Marie-Josée lui a rendu hommage dans un entretien pour 5-Plus Dimanche.

J'ai trouvé sur Discogs la trace de quatre versions différentes, toutes orthographiées différemment, de Pas touche mo joué-joué :

Je pense que le seul extrait de la chanson qu'on trouve sur YouTube vient de l'un de ces deux derniers disques.

Roger et Marie-Josée ont enregistré des duos, mais sur ce disque ils prennent le chant principal chacun sur une des faces.
Pas besoin d'avoir l'esprit trop mal placé, pas besoin de savoir que Roger Clency s'est fait une spécialité des des ségas à double sens, pas besoin non plus de comprendre les paroles pour penser que Pas touche mon joué-joué ne parle d'une gamine pas partageuse dans une cour de récréation ! En tout cas, c'est une excellente chanson et cette version est une grande réussite.
Plus lente et dans un style différent, A la léa aller est également très bien.
Comme je n'ai pas du tout trouvé ces enregistrements en ligne, je vous les propose ici, en attendant d'écouter ensemble prochainement d'autres ségas.

Marie-Josée : Pas touche mo joué-joué.
Roger Clency : A la léa aller.

20 août 2017

DEATH IN VEGAS : Dirge


Acquis chez Salvation Army à Poole le 31 mai 2017 2017
Réf : HARD44CD2 -- Édité par Concrete en Angleterre en 2000
Support : CD 12 cm
Titres : Dirge #2 -- Dirge (Live) -- Death threat (Live) -- Dirge (Video)

En vadrouille à Poole au printemps dernier, je suis tombé dans la boutique de l'Armée du Salut sur une grosse poignée de CD à 50 pence de la des fin années 90-début des années 2000, de Super Furry Animals, Modest Mouse, Death Cab For Cutie, Weezer, Asian Dub Foundation, Air, et Dilated Peoples. Plus celui-ci.
The contino sessions, le deuxième album de Death In Vegas, est sorti en septembre 1999. Comme d'autres groupes électroniques de DJ/musiciens de l'époque (The Chemical Brothers, Unkle,...), ils ont fait appel sur cet album à des chanteurs invités : Iggy Pop et les amis Bobby Gillespie, Jim Reid et Dot Allison, anciennement de One Dove, qui chante sur Dirge.
Dirge a été publié une première fois en single en novembre 1999. Le titre principal en était la version album, qui dure 5'43.
Pourquoi est-ce que le label a décidé, à peine six mois plus tard, de sortir une nouvelle édition ce titre en single ? Sûrement parce qu'il pensait que le titre n'avait pas réalisé tout son potentiel commercial la première fois, et aussi parce qu'il souhaitait bénéficier des retombées de l'utilisation de cette chanson dans une pub pour des jeans Levi's au début de l'année 2000.

Il y a deux principaux changements dans cette nouvelle édition :
  • Alors qu'à l'origine, Dirge n'était créditée qu'aux deux membres de Death In Vegas Richard Fearless et Tim Holmes, on voit désormais apparaître les noms de Graham Cassie, Dave et Simon Harper, John Yorke et Daniel Whittock, soit ceux des membres du groupe Five Or Six qui sont les auteurs-compositeurs en 1981 de Another reason. C'est tout à fait normal car, même si je ne m'en suis pas rendu compte moi-même initialement, c'est bien Another reason qui constitue la colonne vertébrale de Dirge. Mais il a fallu une action judiciaire pour que cela soit reconnu.
  • Dirge a été remixée et est devenue Dirge #2, perdant au passage plus de deux minutes, les premières il me semble. "Dirge", en anglais, ça désigne un hymne funèbre ou un chant lugubre. Je ne trouve pas que ça s'applique à cette composition construite autour des "La la la" de Dot Allison. Dans la version originale, ça montait lentement en pression à partir d'une phrase de guitare et d'une grosse ligne de basse, avant d'éclater avec l'arrivée d'une guitare bien crade et de la batterie. Là, on rentre directement dans le vif du sujet en se concentrant sur la partie la plus énergique de la chanson, mais c'est un remix que je trouve très réussi et très efficace.
Je suis parfois étonné que des groupes de bidouilleurs pas toujours musiciens réussissent à captiver les foules sur scène, mais c'est apparemment ce que Death In Vegas a réussi à faire : ils ont été à l'affiche des plus grands festivals pendant des années de La Route du Rock à Glastonbury.
Le CD 1 de la réédition contient des remixes de Dirge. Le mien, c'est le CD 2 et on y trouve deux titres enregistrés en concert en novembre 1999 au Shepherds Bush Empire de Londres, Dirge et Death threat. Les versions ne sont pas mauvaises, elles sont juste très proches de celles de l'album, avec des  cuivres comme seul ajout notable.
Death threat est un instrumental construit autour d'un échantillon de voix trafiquée, qui devient comme une sorte de vrombissement d'insecte électronique et n'est pas sans évoquer Higher than the sun.
Death In Vegas est actuellement en activité, avec Richard Fearless comme seul membre permanent. Le groupe a sorti l'an dernier son sixième album, Transmission.



Death in Vegas, Dirge, en direct dans l'émission Later with Jools Holland, en 2000.

18 août 2017

NANCY SINATRA : Country, my way


Acquis chez Récup'R à Dizy le 24 septembre 2016
Réf : CRV 6072 -- Édité par Reprise en France en 1967
Support : 33 tours 30 cm
11 titres

L'autre jour, en rangeant des disques, je suis retombé sur cet album à la pochette qui claque qui fait partie du super lot de 33 tours Vogue que j'ai trouvé à Dizy l'an dernier, comme le Dion, un Sandie Shaw et plein d'autres.
Du coup, je l'ai réécouté et j'ai eu envie de le chroniquer. Ça tombe très bien car, le 2 août dernier, peut-être pour marquer les cinquante ans de ce disque, le site officiel de Nancy Sinatra a publié un article très complet, Nancy’s Nashville horizon: An appreciation of “Country, My Way”. On y trouve plein d'informations et de documents sur le contexte de la production du disque, l'enregistrement et un panorama détaillé des onze chansons. Je vais bien sûr y puiser quelques informations, mais je vous conseille vraiment de lire cet article car je ne vais pas m'amuser à tout recopier ici.
L'année 1967 a été bien occupée pour Nancy Sinatra : elle a enregistré la chanson du film de James Bond You only live twice, elle a produit une émission de télévision, Movin' with Nancy, sorti deux albums (celui-ci et la "bande originale" de l'émission de télé, avec Some velvet morning dessus) et tourné un film avec Elvis Presley, Speedway.
Comme son titre l'indique, le concept de cet album est simple : Nancy fait de la country, mais à sa sauce. C'est à dire qu'elle enregistre à Nashville, mais avec ses producteur et arrangeur habituels, Lee Hazlewood et Billy Strange.
Comme c'est l'habitude à Nashville, les musiciens sont des pros du studio. Là, je veux bien croire que c'est la crème de la crème car, sans être un spécialiste, je connais la plupart de leurs noms : Buddy Harman, David Briggs, Buddy Emmons, Charlie McCoy,...
Le disque a été enregistré en avril 1967 en trois "sessions". Ce n'est pas précisé, mais je pense qu'une session dure une journée.
En France, Vogue avait décidé de faire du Skate la danse de l'été 1967, en s'appuyant sur deux disques, Al Capone de Prince of Wales Stars et Jackson de Nancy Sinatra qui, partout dans le monde, a mieux marché en 45 tours que You only live twice. C'est pour ça que la pochette française de l'album, contrairement à l'américaine, s'orne d'un immense "Jackson" et que l'ordre des titres a été modifié, pour mettre Jackson en ouverture du disque et l'autre duo avec Hazlewood en ouverture de la face B.
Pour le choix des chansons, en-dehors d'une version de By the way (I still love you), écrite et précédemment enregistrée par lui-même, Lee explique qu'il a fait le tour des éditeurs musicaux de la ville, qu'il en est revenu avec une centaine de chansons et qu'ils ont fait leur choix avec Nancy ensuite pour en enregistrer onze. On peut penser qu'ils ont aussi et surtout regardé les classements de ventes country des mois précédents, puisque huit des titres choisis venaient d'être des succès.
En tout cas, les chansons sont bonnes et le disque dans son ensemble est excellent.
Jackson, qui ouvre donc le disque, est une chanson écrite en 1963 par Billy Edd Wheeler, avec l'aide, sous pseudonyme, de Jerry Leiber. Il l'avait enregistrée cette année-là sur son album A new bag of songs, mais le Kingston Trio avait publié la version originale quelques mois plus tôt sur Sunny side !
Mais c'est Johnny Cash et June Carter qui en ont fait un tube début 1967. Sans vergogne, Nancy et Lee leur ont emboîté le pas (et je crois que je préfère cette version) et ont eu également beaucoup de succès avec cette chanson, placée en face B de You only live twice, mais que les programmateurs radio et le public ont préférée.
L'autre duo avec Lee, c'est une version de Oh lonesome me de Don Gibson, avec la voix de Lee qui domine un peu. Il y a des centaines de reprises de cette chanson mais celle-ci, survitaminée, est sûrement l'une des meilleures.
Pour le reste de l'album, on peut diviser les titres entre ceux au tempo plutôt lent et ceux rapides.
Pour les lents, c'est de très bonne qualité et bien chanté de Walk through this world with me à End of the world, en passant par It's such a pretty world today, When it's over de Hank Cochran, Lonely again et le très beau By the way (I still love you).
J'ai toujours tendance à préférer les titres rapides, et je les trouve particulièrement réussis ici, que ce soit Get while the getin's good, Lay some happiness on me avec ses accents gospel ou la tout aussi excellente Help stamp out loneliness, malheureusement la seule chanson de l'album que je n'ai pas trouvée en ligne.
Il est clair que, tant que je continuerai à trouver près de chez moi des disques de cette qualité à 2 €, je continuerai à passer du temps à les chercher...

Une liste permet d'écouter l'album presque entier sur Youtube.


Nancy Sinatra et Lee Hazlewood, Jackson, dans l'émission Movin' with Nancy, 1967.

15 août 2017

BILL WYMAN : (Si si) Je suis un rock star


Acquis probablement chez Royer ou sur le vide-grenier du Jard à Epernay dans les années 2000
Réf : AMS 12-9157 -- Édité par A&M en France en 1981
Support : 33 tours 30 cm
Titres : (Si si) Je suis un rock star -/- Rio de Janeiro

Je n'ai aucun souvenir d'avoir entendu ce 45 tours solo de Bill Wyman au moment de sa sortie en 1981. Il a pourtant eu un certain succès, notamment en Angleterre. Ce n'est qu'en 2000, alors qu'on était en vadrouille avec Philippe R. pour voir Giant Sand en concert en Hollande, que les copains qui nous hébergeaient nous ont fait découvrir cette chanson. Il a fallu attendre encore quelques temps pour que je dégote ce maxi.
Il me parait évident que (Si si) Je suis un rock star est une chanson qu'il ne faut surtout pas prendre au sérieux. C'est quelque chose de très léger, une galéjade, mais en même temps, elle est bigrement efficace, entêtante et drôle. Une réussite d'un point de vue pop, donc.
On trouve sur Wikipedia une anecdote qui permet de comprendre comment le bassiste des Stones, plus connu dans son parcours solo pour son travail avec son groupe les Rhythm Kings, s'est retrouvé dans les hit-parades : cette chanson, il l'a écrite dans l'intention de la proposer à Ian Dury, mais son entourage l'a persuadé de l'enregistrer lui-même. Et quand on la réécoute en le sachant, on se dit que c'était bien vu : on imagine bien Ian Dury chantant ça, dans la foulée de Hit me with your rhythm stick. Mais Wyman s'en sort très bien tout seul avec ce qu'il appelle son "cockney French".
Il y a un batteur et un guitariste sur l'enregistrement, mais Bill fait tout le reste en plus du chant, soit la basse et tous les synthés (il en jouait aussi avec les Stones à cette époque). Un autre point de référence pour ce single, avec son style électro-caribbéen et ses touches francophones, c'est bien sûr le Wordy rappinghood de Tom Tom Club. Les deux devaient s'enchaîner parfaitement dans les discothèques je trouve que cette version maxi très longue (7'24, la version album ne faisant "que" 5'59 et celle du 45 tours 3'21) est très réussie.
Côté paroles, c'est des plus simples : Bill drague une brésilienne à Londres et l'invite à le rejoindre chez lui en France, en insistant bien qu'il est une rock star. Mais la touche comique qui fonctionne toujours très bien avec moi, ce sont les quelques phrases de franglais qu'on y trouve :
"Je suis un rock star
Je avais un residence
Je habiter la a la South of France
Voulez-vous partir with me ?
And come and rester la with me in France"
A un autre moment, en proposant de prendre l'hovercraft pour traverser la Manche, il dit, en anglais, "Ils croiront que je suis ton Papa et que tu es ma fille". Ce vers prend une saveur particulière quand on sait que, en 1989, à 52 ans, le Bill a épousé une jeunette de 18 ans que, parait-il, il fréquentait depuis plusieurs années déjà.
La face B, Rio de Janeiro, pour rester au Brésil, j'en parle pas, c'est de la daube. Notons juste que le batteur est Jim Phantom, des Stray Cats et que, sur l'album correspondant, Bill Wyman, il y a aussi Brian Setzer à la guitare sur un titre.
Il suffit de le voir poser sur les photos de pochette et de le regarder "danser" dans la vidéo pour se rendre compte que Wyman n'est pas vraiment taillé pour être en tête d'affiche. Dans son passage télé à Top of the Pops (ci-dessous), il réprime plusieurs fois un sourire et semble un peu se demander ce qu'il fait là. Ou peut-être que, comme moi, il est en train de s'imaginer Mick Jagger en train de s'étrangler de jalousie devant sa télé parce qu'il lui a pris "sa" place. Il y avait de quoi rager : si Start me up s'est mieux classé dans les ventes anglaises que Si si, l'autre 45 tours des Stones de 1981, Waiting on a train, a fait beaucoup moins bien.

Bill Wyman a sorti l'an dernier un double CD, (Si si) Je suis un rock star - The best of Bill Wyman and Bill Wyman's Rhythm Kings, sur lequel on trouve la version courte de la face A et la face B de ce disque.


Bill Wyman, (Si si) Je suis un rock star, la vidéo.


Bill Wyman, (Si si) Je suis un rock star, le sourire aux lèvres sur la BBC à Top of the Pops.

13 août 2017

SANDIE SHAW : Tell the boys


Acquis sur le vide-grenier d'Athis le 14 septembre 2008
Réf : PNV 24 197 -- Édité par Vogue en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Tell the boys -- No moon -/- I don't think you want me anymore -- Hide all emotion

Allez, c'est parti pour le quatrième et dernier épisode de notre mini-feuilleton de l'été. Si vous avez raté le début, c'est ici.
Je reconnais la petite étiquette manuscrite avec la somme de 10 francs qui figure sur mon exemplaire : elle indique que j'ai acheté ce disque comme neuf avec tout un lot d'autres 45 tours Vogue, comme celui d'Eileen, à une petite dame, ancienne commerçante sûrement, qui avait déballé à Athis en 2008.
Si vous avez bien tout suivi, vous vous souvenez peut-être du deuxième épisode du feuilleton, au cours duquel, de façon assez mystérieuse, Vogue avait mis en vente une troisième version du EP Puppet on a string, avec une seule différence par rapport à la seconde version : la chanson Tell the boys avait été remplacée par Had a dream last night.
L'explication du mystère, on la tient sûrement. Quelqu'un avait dû penser que Tell the boys était une trop bonne chanson pour être gâchée en titre secondaire d'un disque avec la chanson gagnante de l'Eurovision. On a donc enlever vite fait la chanson, à un moment où le disque avait encore dû se vendre relativement peu, pour la mettre en face A du disque suivant, celui-ci, qui a dû sortir quelques semaines plus tard. Mais elle est restée présente sous le titre Prends la vie du bon côté sur le 45 tours en français sorti entre-temps !
Au passage, on note encore de l'à peu près dans le rappel catalogue au dos. Pas de souci pour Un tout petit pantin, mais pour Puppet on a string, c'est la toute première pochette qui y figure, sans macaron "1er Grand Prix Eurovision 67", alors que la liste des titres, avec Had a dream last night, correspond à la troisième version.
Au bout du compte, tous ces efforts n'ont pas servi à grand chose. Autant Puppet on a string et Un tout petit pantin ont été des grands succès en France, autant Tell the boys a dû faire un four. Du coup, je pense que ce disque est, pour Sandie Shaw, relativement rare.
En Angleterre, les choses ont été à peu près similaires : Tell the boys, arrivé deuxième de l'émission de sélection A song for Europe, a été mis en face B de Puppet on a string. Mais, quelques temps plus tard, "pour répondre à la demande du public", Pye a publié un EP avec Tell the boys en titre principal, accompagné des trois autres chansons de l'émission.
En France, ce n'est ni la même pochette ni les mêmes titres, ne serait-ce que parce que, on vient de le voir, Had a dream last night avait été mis sur l'EP précédent. En fait, on a ici quatre des titres de l'album anglais Puppet on a string, encore un truc sorti rapidement, qui compilait des titres hors album sortis depuis quelques années et qui n'a pas été édité en France à l'époque.
Alors, ce disque, qu'est ce qu'il vaut ?
Tell the boys, je ne vais pas m'attarder dessus car c'est la troisième fois qu'on en parle, mais c'est une bonne chanson qui, dans d'autres circonstances, aurait pu être un grand succès. Apparemment, c'était la préférée de Sandie Shaw parmi les cinq proposée pour l'Eurovision.
No moon est un titre au tempo moyen, très variétés, avec des cordes. Pas mauvais dans son genre, mais pas trop mon truc. Comme c'est signé "Moesser - Murphy", je me demande si ce n'est pas une adaptation en anglais d'une composition de Peter Moesser.
Le titre suivant, I don't think you want me anymore, est dû, lui, à Chris Andrews, l'auteur de la plupart des succès de Sandie Shaw, à l'exception très notable de (There's) Alway something there to remind me et Puppet on a string. C'est pas mauvais, pas mal chanté, mais ça reste assez quelconque. 
Hide all emotion est l’œuvre - tiens tiens, comme on se retrouve ! - de Marty Wilde. C'est un titre rapide, comme Tell the boys. On sent que, ça pourrait être très bien, mais non. Je ne sais pas si c'est une question d'arrangements, d'interprétation, de production ou de mixage (sûrement un peu de tout ça), mais ça reste sourd, plein de retenue, un peu comme si toute l'équipe, de Sandie Shaw aux musiciens, avait enregistré ça sans aucune conviction. Peut-être qu'ils ont trop pris les paroles au pied de la lettre et ont "caché toute émotion" !
Notre feuilleton de l'été touche donc à sa fin, mais pour prolonger le plaisir je vous propose de relire la chronique publiée plus tôt cette année du 45 tours de la Fanfare des Saints-Pères, qui contient une version instrumentale de Un tout petit pantin.

10 août 2017

HEFNER : Pull yourself together


Acquis par correspondance via Discogs en mai 2017
Réf : PURE 80CDS -- Édité par Too Pure en Angleterre en 1998
Support : CD 12 cm
Titres : Pull yourself together -- Christ -- Smoking girlfriend -- Wicker girl

Je suis passé complètement passé à côté d'Hefner pendant leur période d'intense activité de 1997 à 2001. Rétrospectivement, il me semble que c'est à peine si j'ai entendu parler de ce groupe qui avait pourtant tout pour m'intéresser. C'est grâce à l'ami Philippe D., qui m'a offert plusieurs de leurs disques, que j'ai commencé à découvrir ce groupe, alors qu'il était déjà séparé.
Depuis, j'ai souvent pensé à chroniquer ici un de leurs disques, mais je n'arrivais pas à choisir lequel. Il y a bien le maxi I took her love for granted, avec en face B une reprise de I tried to hide a little thought de Jonathan Richman. Un choix qui sort des sentiers battus et une très bonne version, mais pas au point transcender l'originale.
Et puis, quand j'ai acheté le Mouse on Mars au printemps dernier, j'ai ajouté quelques disques pas chers à ma commande pour amortir les frais de port, parmi lesquels ce maxi qui m'a beaucoup plu et entièrement convaincu.
Hefner, c'était avant tout le projet de Darren Hayman. Si je devais les rapprocher d'autres groupes des années 1990 avec un auteur-compositeur marquant, c'est surtout Belle and Sebastian qui me viendrait à l'esprit, mais aussi Pulp.
Comme Belle and Sebastian et comme les Smiths aussi, Hefner s'est forgé au fil des parutions une identité graphique très forte, à base d'images assez rétro qui m'évoquent souvent le travail de Glen Baxter. Là, sur la pochette d'un simple maxi, on a droit à cinq images différentes.
Après deux singles en 1997, l'hyper prolifique Hefner a sorti en 1998 son premier album Breaking god's heart, ainsi que quatre maxi singles, dont deux seulement extraits de l'album, soit une quinzaine de titres en plus des dix de l'album. Quatre d'en eux sont sur Pull yourself together, sorti en mai, deux mois avant l'album.
La chanson principale Pull yourself together est clairement bâtie sur une trame classique à la Velvet Underground/Lou Reed, sur le mode plutôt boisé favorisé justement par les Modern Lovers ou Herman Düne. Pas foncièrement nouveau, donc, mais parfaitement réalisé et profondément réjouissant. Je n'en demande pas plus.
A base de guitare et d'harmonica, Christ est un titre lent, pas mal dans son genre même si c'est celui qui me plaît le moins aussi. A près de quatre minutes, c'est aussi le plus long de ce disque, bouclé en juste une douzaine de minutes.
Plus bricolo, avec une boite à rythmes et une deuxième voix, Smoking girlfriend est mon autre titre préféré ici avec le premier. Mais Wicker girl, un peu folky, est très bien aussi !
Pour vous procurer ces quatre titres, le mieux est sûrement de jeter votre dévolu sur la réédition en double CD et quarante titres de l'album Breaking god's heart, toujours disponible et pas chère.
De son côté, Darren Hayman est toujours aussi prolifique. Ses deux derniers projets sont un album de duos avec Emma Kupa sous le nom de The Hayman Kupa Band et un tryptique sur les Thankful villages, les cinquante-quatre villages anglais dont tous les soldats sont revenus vivants de la Grande Guerre.






08 août 2017

SANDIE SHAW : Un tout petit pantin


Acquis d'occasion dans la Marne avant 2011
Réf : PNV24186 -- Édité par Vogue en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Un tout petit pantin (Puppet on a string) -- J'ai rêvé de lui (Had a dream last night) -/- Prends la vie du bon côté (Tell the boys) -- Tout est changé (I don't think you want me anymore)

Voici le troisième et avant-dernier épisode de notre feuilleton de l'été sur les EP français de Sandie Shaw liés à sa participation au concours de l'Eurovision 1967.
Si vous avez raté le début, je vous suggère d'aller voir .
Dans les années 1960, il n'était pas rare pour les artistes à succès, à la demande des maisons de disques et la plupart du temps phonétiquement, d'enregistrer leurs titres les plus connus dans plusieurs langues afin de mieux se vendre sur les différents marchés européens. Françoise Hardy ou Petula Clark l'ont beaucoup fait, par exemple.
Pour Sandie Shaw en France, les choses ont plutôt mal commencé, puisqu'Eddy Mitchell a eu plus de succès qu'elle avec Toujours un coin qui me rappelle, la version en français de Always something there to remind me. Mais par la suite, elle a enregistré de nombreuses chansons en français, parues en 45 tours ou sur des albums/compilations.
Pour Puppet on a string, qui concourait pour l'Eurovision, c'est une bonne partie de l'Europe justement que Sandie Shaw a elle-même couverte puisque, probablement dans la foulée de l'enregistrement original, on lui a fait chanter la chanson en français (Un Tout Petit Pantin), en allemand (Wiedehopf in Mai), en espagnol (Marionetas en la cuerda) et en italien (La danza delle note) ! Quand on pense qu'il parait qu'au départ elle n'aimait déjà pas cette chanson. Elle a dû vite en être dégoûtée...
Le macaron "1er Grand Prix Eurovision 67" sur la pochette de ce 45 tours nous indique qu'il n'est sorti qu'après la finale du concours, qui a eu lieu le 8 avril, mais on peut être certain que la publication était prête bien avant et que les presses n'attendaient que le résultat du concours pour être lancées. Je pense que ce disque, dont le numéro de catalogue suit directement celui de la version anglaise, serait sorti même si Sandie Shaw n'avait pas remporté le concours.
On peut trouver un indice que la publication a été lancée très vite dans les rappels catalogue au dos de la pochette. Certes la mention du premier prix est accolée au titre Puppet on a string, mais la pochette utilisée (sans macaron) et les titres mentionnés (avec Tell the boys) sont ceux de la première édition du disque, parue avant la finale du concours.
Sans trop de surprise, on trouve ici des adaptations françaises de trois des cinq chansons proposées au public anglais le 25 février 1967 dans l'émission A song for Europe pour déterminer laquelle serait choisie pour la finale.
Je n'ai pas fait de vérification pour toutes, mais je pense que l'accompagnement instrumental sur ces versions françaises est strictement le même que sur les versions originales.
Les paroles de Pierre Delanoë pour Un tout petit pantin sont très fidèles aux paroles anglaises. J'imagine que les radios ont privilégié la version française et, de ce que j'en vois dans les vide-greniers, je dirais que c'est la version Un tout petit pantin qui s'est le plus vendue par chez nous.
Après avoir craqué sur Had a dream last night dans l'épisode précédent, j'attendais beaucoup de J'ai rêvé de lui, sa version française. Comme je l'ai dit, la musique est la même, mais il manque un des ingrédients qui me plaisaient beaucoup, les chœurs, et du coup on entend mieux ce que j'aimais moins, les cordes. Déception, donc.
Prends la vie du bon côté (Tell the boys) est une chanson entraînante, avec ici pour le coup une deuxième voix, plus haute que celle de Sandie Shaw. Si elle avait été sélectionnée, je pense que cette chanson aurait elle aussi eu de bonnes chances de remporter le concours.
Le dernier titre, Tout est changé (I don't think you want me anymore), est un titre lent, et ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Autant que je sache, la version anglaise de cette chanson n'avait pas été publiée en France quand ce 45 tours est sorti.

(à suivre)






Deux couvertures de partition pour Un tout petit pantin.



06 août 2017

JUKE-BOX PARTY N° 1


Acquis à la déchetterie d'Ay le 4 août 2017
Réf : B 13.210 R -- Édité par Philips en France en 1959
Support : 33 tours 25 cm
10 titres

Je pourrais dire que j'ai du flair, mais ce serait plus faux que présomptueux. Disons que cette aventure relève d'abord d'une série de hasards, qui mis bout à bout pourraient faire accroire que c'était ma destinée !
Bon, après un bon moment passé à me la couler douce en vacances à la maison, il m'a pris l'idée vendredi de me donner une apparence d'activité. J'ai donc entrepris de vider un tas de gravats qui traînait dans un angle du grenier depuis au moins les suites de la tempête de décembre 1999.
J'ai rempli quelques seaux, que j'ai vidés dans des caisses. J'ai tout descendu sur deux étages. J'ai chargé le coffre de la voiture et, quand il a été plein, je me suis dit que j'avais juste le temps d'aller à la déchetterie avant qu'elle ferme pendant midi.
Celle de Mareuil est fermée le vendredi, alors je suis allé à Ay. La benne à gravats n'était pas disponible, alors l'employée m'a dit d'utiliser celle pour le tout-venant. Elle était presque pleine, alors on pouvait en se penchant récupérer les derniers objets jetés...
Bref, en balançant le contenu de ma première caisse, j'ai aperçu un truc marqué "Linda de Suza - Jean-Pierre Cassel". J'ai cru que c'était un calendrier, mais en y regardant de plus près pour souffler un peu entre deux caisses, j'ai vu qu'il s'agissait d'un 33 tours (La valise en carton, pas moins !). Il y en avait deux autres, de Linda de Suza seule. Mais du coup j'ai jeté un œil autour de moi et j'ai aperçu une poignée de disques, des 45 tours et un 25 cm, que je me suis empressé de mettre dans ma caque vide quand j'ai vu que c'étaient surtout des disques de musique latino-américaine et une compilation rock.
En regardant mieux, j'ai aperçu plus bas un 45 tours avec une pochette générique de La Voix De Son Maître / Pathé Marconi que je connais bien car c'est celle des 45 tours deux titres juke-box de Georges Jouvin. Et bingo ! Il s'avère que c'est un disque que je n'avais pas, avec deux titres extraits de son 25 cm Rocks !
Ce n'est qu'une fois dans ma voiture que j'ai mieux regardé les autres disques. J'avais vu écrits les titres Personality et A  teenager in love écrits sur la pochette du 25 cm, mais j'étais persuadé qu'il s'agissait de reprises, par Trumpet Boy, Tony Murena ou un autre orchestre français de ce genre. Mais j'ai eu un coup au cœur quand j'ai retourné la pochette et que j'ai vu que des gens comme Carl Perkins et Marty Wilde y figuraient !
C'est à un des rares moments de l'année où je ne cherche pas à me procurer de nouveaux disques qu'il m'en tombe ! Et une fichtre de belle pioche en plus ! Vive le recyclage des déchets !!
Ce disque porte le tampon de la collection Philips Bon pour la danse, qui est assez hétéroclite puisqu'on y trouve plusieurs parutions de Serge Gainsbourg, mais aussi des Danse Party à qui mieux mieux, chez Mylène Demongeot, Marie-Josée Nat et Marina Vlady, ou avec Yves Montand.
Je ne dirais pas que la pochette est belle mais, s'agissant d'une Juke-box party, elle est dans son sujet en nous montrant un gros plan sur les entrailles d'une de ces machines. A priori, il n'y a eu ensuite qu'un N° 2 dans cette série. L'année suivante, son équivalent s'appelait Hit-parade 60.
Au dos, on a droit à un petit mot de Jacques Plait, responsable des variétés chez Philips : "Voici une surprise partie jeune, fraîche, percutante et dynamique, spécialement faite pour les jeunes, avec les meilleurs titres du Hit Parade américain. Ne cherchez plus ! Vous venez de trouver LE disque qu'il vous fallait pour passer une bonne soirée entre amis.".
Certes, je viens effectivement de trouver ce disque, mais ce texte d'accompagnement est basique de chez basique. On est loin des petits délires de Boris Vian au dos de disques Philips ou Fontana...
L'album s'ouvre avec les deux faces d'un 45 tours de 1959 de Carl Perkins, et elles sont tout simplement excellentes. En dehors de ses classiques, je ne connais quasiment rien de sa discographie. Ici, Highway of love est un bon rock à la Elvis, avec de la guitare, bien sûr, mais aussi une bonne grosse contrebasse, beaucoup de saxophone et des chœurs qui pointent vers le gospel. Pointed toe shoes, dans un style rockabilly plus marqué, est peut-être encore mieux. Bien sûr, on pense à Blue suede shoes, avant même qu'il y fasse lui même référence.
Jacques Plait annonçait les meilleurs titres du Hit Parade américain. Il ne précisait pas que, en-dehors de ceux de Carl Perkins, la plupart d'entre eux sont des reprises des titres originaux enregistrées pour le marché anglais !
Mais ça ne veut pas dire que la qualité n'y est pas. Au contraire, les deux titres de Marty Wilde, par exemple, deux tubes en Angleterre, sont très bons, même si de toute façon Donna de Ritchie Valens ce n'est pas trop mon truc. Par contre j'adore sa version de A teenager in love et je ne suis pas le seul à penser qu'elle rivalise avec l'originale de Dion and the Belmonts. Sur cet enregistrement, il est accompagné par les Wildcats, soit Big Jim Sullivan à la guitare solo, Tony Belcher à la guitare rythmique, Brian Locking à la basse et Brian Bennett
à la batterie. Avec son refrain, A teenager in love saisit un aspect de la quintessence existentielle du rock, "Pourquoi dois-je être un ado amoureux ?".
Frankie Vaughan a lui aussi droit à deux titres sur l'album. Comme pour Marty Wilde, il s'agit de reprises anglaises sorties quasiment instantanément après les versions originales américaines. Ça n'a pas empêché Philips de sortir ces quatre titres en France sur des 45 tours compilation de la série série Hits from U.S.A., dont on voit les pochettes au dos de mon album.
Frankie Vaughan a plutôt une réputation de crooner. Il est accompagné ici par l'orchestre de Wally Stott et les Kaye Sisters. Sa version de Come softly to me est excellente, avec un très bon chant et les chœurs des sœurs Kaye. C'est différent, mais ça vaut la version originale plus dépouillée des Fleetwoods.
Pour Venus, il y a un petit gimmick avec des cordes pincées, à la guitare je pense, qui me fait la préférer à la version originale de Frankie Avalon. Cette reprise de Venus n'est sortie en Angleterre que sur un EP compilation de la série The big four, qui est à peu près l'équivalent de nos Hits from U.S.A.
Il y a de très bonnes choses encore dans les quatre autres titres. Notamment My heart is an open book par Jimmy Dean. Il est plutôt du monde de la country et ça s'entend. J'aime aussi beaucoup What a thrill de Bobby Lord.
La version de Personality de Lloyd Price par Joyce Shock, avec des accents jazz, est intéressante aussi, surtout à partir du premier refrain. Elle aussi a été publiée sur un Big Four anglais, et on la retrouve aussi sur une compilation 25 cm hollandaise qui compte quatre titres en commun avec mon disque.
Le titre le moins intéressant du lot c'est Morgen (One more sunrise) par Richard Maltby. L'intro fait peur, mais après c'est pour le coup juste de la musique de danse.
Au total, voici une compilation d'excellente tenue, qui ne m'a rien coûté et qui a ensoleillé ma journée de vacances. Que demander de plus ? Que la prochaine fois que j'irai à la déchetterie j'essaye de ramener le juke-box qui va avec ce disque ? On peut toujours rêver... En tout cas, pour mon deuxième et dernier voyage vendredi après-midi, la benne de tout-venant avait été changée et les Linda de Suza que j'y avais laissés s'étaient envolés avec !

Je ne vais pas refaire une fois de plus mon laïus d'énervement, mais on trouve Juke-box party N° 1 dans les collections de la Bibliothèque Nationale de France. Le disque a été numérisé dans le cadre d'un contrat passé avec une société privée, aux termes duquel on ne peut accéder librement pour l'instant qu'à 30 secondes de chacun des titres...!



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