22 juillet 2017

FRANÇOISE HARDY : J'ai coupé le téléphone


Acquis peut-être chez Assaut dans la Marne dans les années 1980
Réf : V. 45-1655 -- Édité par Vogue en France en 1969
Support : 45 tours 17 cm
Titres : J'ai coupé le téléphone -/- Les doigts dans la porte

L'autre jour, je suis tombé sur une vidéo que quelqu'un avait partagée de Françoise Hardy mimant sa chanson Les doigts dans la porte en bord de mer. Ça m'a surpris car cette chanson n'est sortie qu'en face B d'un 45 tours et je n'imaginais pas qu'il ait pu y avoir un passage télé à l'époque pour en faire la promotion.
Je connais bien ce 45 tours dont la face A est J'ai coupé le téléphone car, il y a environ trente ans, je suis tombé sur quatre ou cinq exemplaires de ce disque dans un magasin, qui était peut-être l'un de ceux de la chaîne Assaut à Reims ou Châlons. C'était vraiment pas cher et je les ai pris tous. Depuis, j'en ai donné aux copains et peut-être revendu un ou deux. Mais j'en ai gardé un, bien sûr.
Ce disque est l'un des tous derniers publiés par Françoise Hardy chez Vogue. Quand j'ai fait le calcul, j'ai eu comme un vertige de me rendre compte qu'elle n'avait que vingt-cinq ans en 1969 quand ce disque est sorti. C'est impressionnant puisque, depuis 1962, quelques mois avant les débuts des Beatles, elle avait multiplié les succès (souvent écrits par elle) et sorti des dizaines de 45 tours et neuf albums !
Les deux titres sont très courts (le plus "long" atteint à peine les deux minutes).
Pour Les doigts dans la porte, c'est Jean-Claude Vannier et son Orchestre qui accompagnent et ça s'entend. La chanson est signée Ariel Silber et Eddy Marnay, mais quand on écoute les paroles on a du mal à s'empêcher de penser à Jacques Dutronc. C'est enlevé, très rythmé et il y plein de cordes (sans surprise, avec Vannier...). Cette chanson a été réenregistrée en 1970 sous le titre Das tut weh sur l'album Traüme, paru uniquement en Allemagne.
J'ai coupé le téléphone est une composition de Françoise Hardy, et Jean-Pierre Sabar et son orchestre l'accompagnent. On est dans un tempo qui lui est plus familier et, dans l'ensemble, ça reste une bonne face A de 45 tours, avec de la guitare électrique et même un peu de sifflement !
Les deux titres de ce 45 tours, ainsi que Comment te dire adieu, ont été inclus en 1970 sur l'édition originale de la compilation Françoise, mais Les doigts dans la porte a été remplacée sur l'édition parue quelques mois plus tard chez La Guilde Internationale du Disque/Concert Hall. C'est évidemment celle que j'ai, dommage.
Comme souvent, la publicité pour les derniers 45 tours Vogue glissée à l'intérieur du disque est assez fascinante. J'y ai notamment repéré J'ai rien à perdre / Je ne sais pas par Les Extrêmes, Grégoire, il est 7 heures par Hippolito et un 45 tours par Les Zora-Gloutons ! Comme quoi, il m'en reste beaucoup, des disques Vogue à découvrir...




14 juillet 2017

SISTER SLEDGE : He's just a runaway


Acquis sur le vide-grenier de Vermand le 16 avril 2017
Réf : 11 676 -- Édité par Atlantic en France en 1981 -- Offert gracieusement par Bata - Ni repris - Ni échangé
Support : 45 tours 17 cm
Titres : He's just a runaway (Version reggae en hommage à Bob Marley) -/- He's just a runaway (Version disco)

A Vermand en avril dernier, le jour où j'ai acheté les compilations Rock of the 80's et Surprise-partie chez mes voisins, j'ai aussi trouvé, à un autre stand, une grosse poignée de 45 tours à 20 centimes, dont ce disque de Sister Sledge.
La notion d'un disque en hommage à Bob Marley en 1981, juste après sa mort, m'a interpellé, mais c'est surtout l'autocollant apposé en travers du côté fendu de la pochette qui m'a décidé à le prendre.
On sait d'emblée que ce disque a été diffusé dans le cadre d'une opération commerciale du chausseur Bata. Ça me rappelle des souvenirs. Dans les années 1970-1980, je savais comme toute le monde en France qu'on ne pouvait pas faire un pas sans Bata, mais surtout je connaissais le club de basket de Bataville en Lorraine, qui jouait souvent contre l'Espé Châlons.
Ce n'est que des années plus tard que j'ai eu la confirmation que c'est bien en référence à l'entreprise Bata que la commune s'appelait Bataville, mais je n'imaginais pas à l'époque qu'il y a eu une trentaine de cités Bata dans le monde !
Il n'y a pas grand chose d'écrit sur l'autocollant, mais suffisamment pour que ça pose question. "Offert gracieusement par Bata", est-ce que ça ne serait pas un peu pléonasmatique ?
Et surtout "Ni repris - Ni échangé" ! Alors, voilà une boite qui fait un cadeau à ses clients, mais qui veut d'emblée se protéger contre toute plainte ou récrimination. Le cadeau il est gratuit gratuit, mais surtout on ne veut plus en entendre parler. Qu'il soit à la bonne taille ou non, que la musique vous plaise ou non, donner c'est donner et qu'on n'en parle plus ! Surprenant...
Bon, alors on va l'essayer, ce 45 tours.
Il y a la même chanson sur les deux faces. En face B, la version disco originale de He's just a runaway, un titre de l'album All American girls, démarre plutôt bien avec une intro électro-rock. La suite est un peu moins bien, mais c'est un titre qui passe assez bien la rampe, dans le style disco habituel du groupe.
La face A est donc une nouvelle version de la chanson, dans un style reggae, en hommage à Bob Marley, mort le 11 mai 1981. Et là, c'est très décevant, car en fait de reggae, on a ici quelque chose qui singe effectivement le style tardif des Wailers, mais qui est tout raide et ne chaloupe pas. On ne dépasse pas le niveau de la curiosité.
L'aînée des soeurs Sledge, Joni, est morte en mars dernier, mais ça n'empêche pas le groupe de continuer à tourner : il sera en concert demain à Londres.



09 juillet 2017

THE CRITTERS : Younger girl


Acquis chez Okazou à Fagnières le 1er juillet 2017
Réf : CKLD 4014 -- Édité par Kapp en France en 1966
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

En se garant sur le parking du centre commercial, on a repéré ce dépôt-vente qu'on ne connaissait pas, avec de façon étonnante plusieurs personnes qui faisaient la queue devant le magasin avant l'ouverture.
Après avoir fait nos courses, et bien qu'il se soit mis à pleuvoir à seaux, j'ai décidé d'aller y faire un tour, des fois qu'ils aient quelques CD intéressants.
Le magasin avait l'air bien vide quand je suis entré, tout simplement parce que c'était en fait le tout premier jour d'ouverture de ce nouveau point de vente (d'où les gens qui attendaient l'inauguration...) et tout le stock n'était pas en place.
Aucun CD, donc, mais deux corbeilles de 33 tours  posées par terre.
Au premier regard, ça avait l'air en très bon état, pas trop cher (2 €), mais je voyais surtout de la variété.
Puis j'ai commencé par trouver Emotional rescue des Stones (pas intéressé), mais j'ai été très content de tomber sur un exemplaire en parfait état, complet avec son livret agrafé, de la désormais légendaire compilation Story of The Who, qui joue un rôle déclencheur essentiel dans le roman La double vie de Pete Townshend de l'ami Christophe Sainzelle.
C'était déjà pas mal, mais j'ai continué à regarder les quelques cinquante-soixante disques qu'il devait y avoir, et je suis tombé sur d'autres disques plus ou moins "rock" (Supertramp, l'excellente double compilation des Stones période Decca Rolled gold, que j'ai déjà, Destroyer de Kiss, un double du fou de la gâchette Ted Nugent) que j'ai pris le parti de laisser pour les passionnés ou les requins qui allaient forcément venir après moi, mais j'ai pris sans hésitation deux "pièces", deux 33 tours des années soixante que je n'avais jamais vus, les premiers albums des Royal Guardsmen et des Critters.
Ces deux disques ont été édités en France par Vogue. J'ai de la chance des temps-ci avec disques des années soixante de cette maison, puisque l'an dernier j'en avais trouvé de façon tout aussi inopinée un lot très intéressant avec notamment une compilation de Dion.
Je me souviens que l'an dernier on avait parlé avec Philippe R. des Royal Guardsmen car il avait trouvé en broc leur EP Snoopy vs. the Red Baron. Là, j'ai l'album correspondant. Je partage l'avis de Philippe comme quoi ce n'est pas renversant, mais en temps normal un disque comme ça aurait directement eu sa place ici. Sauf que je lui ai préféré l'album de The Critters, car c'est un groupe dont je n'avais je crois jamais entendu parler et le disque me plaît plus.
Le groupe comptait cinq membres, qui nous sont présentés à l'ancienne au dos de la pochette, dont trois compositeurs-chanteurs (les deux guitaristes et l'organiste) et un batteur presque caricatural, qui "ne s'intéresse qu'à la batterie et à la vitesse en motocyclette" !
L'album a été enregistré en 1964-1965 et est sorti au printemps 1966. Trop tôt pour parler de psychédélisme, donc, mais leur musique est une pop qui oscille entre une légèreté qui tend vers le bubblegum et un son plus électrique/garage.
Le problème est que leur label favorisait le premier aspect du groupe. Du coup, les deux singles/tubes de l'album, Younger girl, reprise d'un titre du premier album de Lovin' Spoonful, et Mr. Dieingly sad, sont certes très des confections légères et très agréables, influencées par les Beatles et les Byrds, mais un peu molles du genou.
C'est le cas de la majorité de l'album, mais les quatre titres rapides qu'on y trouve, Best love you'll ever have (ici titré par erreur Best love you ever had), It just won't be that way, Blow my mind et Everything but time, donnent une toute autre tonalité au groupe. Réunis sur un EP, ils auraient constitué une vraie perle à rendre fous les collectionneurs. Malheureusement, on trouve seulement deux de ces titres sur l'EP français Mr. dieingly sad ou son équivalent espagnol Younger girl.
Par la suite, The Critters ont eu un autre tube, avec le 45 tours hors album Don't let the run fall down on me, avant de connaître plusieurs changements de personnel, notamment parce que certains de ses membres ont été conscrits.
Le groupe s'est séparé après deux autres albums. Le batteur est peut-être bien reparti à motocyclette. L'organiste Chris Darway, auteur et chanteur de deux de mes titres préférés ici, s'est tourné vers la peinture. Le contrebassiste électrique Kenny Gorka a longtemps été co-propriétaire du club The Bitter End à New York. Les guitaristes Jimmy Rian et Don Ciccone ont poursuivi leur parcours comme musiciens, avec Carly Simon, Frankie Valli and the Four Seasons ou Tommy James and the Shondells, notamment.
Je me demande encore ce que faisaient The Critters sur le parking du centre Leclerc à Fagnières et je n'en reviens pas d'avoir encore la chance de faire quelques trouvailles de ce genre en 2017. Espérons que cela va continuer !

L'album est intégralement en écoute sur YouTube.
En 2012, Cherry Red a réédité Younger girl en CD. On le trouve actuellement pour pas cher, et il contient 14 titres en bonus pour en faire l'intégrale des enregistrements des Critters pour Kapp et Musicor.





02 juillet 2017

JACK SCOTT : There comes a time


Offert par Claire B. à Châlons-en-Champagne le 1er juillet 2017
Réf : REL 10.070 -- Édité par London en France en 1961
Support : 45 tours 17 cm
Titres : There comes a time -- Baby Marie -/- The way I walk -- Midgie

Pour les disques, elle a du flair ma sœur Claire !
Depuis quelques temps, elle a pris la bonne habitude d'acheter à mon intention un ou deux 45 tours lorsqu'elle en trouve en brocs. Jamais cher, toujours au pif, mais pas complètement au hasard puisque, la plupart du temps, elle tombe sur des disques susceptibles de m'intéresser, la preuve en est qu'il y en a quelques-uns que j'ai déjà, comme récemment le Space Art que je venais de chroniquer.
La semaine dernière, elle a enchaîné à Châlons les deux mêmes vide-grenier au Mont-Héry et au square Robert Antral qui en 2016 m'avaient rapporté le Johnny "Rock" Feller et le Sister Rosetta Tharpe. Je les avais trouvés au Mont-Héry. Elle, c'est au square qu'elle a acheté trois EP pour 2 € : celui-ci, une bizarrerie associant Louis Armstrong et Bing Crosby, et le Deep in the heart of Texas de Ray Charles en meilleur état que l'exemplaire que j'avais déjà.
Quand Claire m'a annoncé au téléphone qu'elle m'avait acheté un disque de Jack Scott, j'ai eu un coup au cœur. Je lui ai demandé de me donner les titres du disque. Il y a eu un peu de suspense car le titre que j'espérais entendre, The way I walk, n'est que le troisième du disque, mais je n'en reviens toujours pas d'avoir désormais un exemplaire d'époque de l'enregistrement original de cette chanson.
En effet, pour moi, Jack Scott n'est associé qu'à cette chanson, surtout à la version que The Cramps ont enregistrée en face B de leur premier single, reprise sur le maxi Gravest hits.
Mais la carrière de Jack Scott, né au Canada en 1936, ne peut se résumer à ce seul titre. Il a fait ses débuts sur disque en 1956 et a placé dix-neuf titres sur une période de trois ans et demi dans le classement Billboard des meilleures ventes, presque tous écrits par lui. Cet EP reprend ses septième et huitième singles, sortis tous les deux en 1959 aux États-Unis.
Je ne sais pas comment cet exemplaire a atterri à Châlons, mais c'était à l'origine un cadeau. Il y a un message pour l'accompagner, non pas sur la pochette comme le plus souvent, mais sur les deux étiquettes centrales, en anglais sur une face, en espagnol sur l'autre, pour dire à peu près la même chose : c'est en souvenir du premier disque de Jack Scott et pour l'anniversaire de Françoise.
Sans aucun doute, la perle ici c'est quand même The way I walk. C'est surprenant au départ car, même si les paroles sont les mêmes ("Touch me baby and I'll go hog wild"), il n'y a rien de comparable dans le chant de Jack Scott avec la sauvagerie de Lux Interior, et les premières secondes laissent penser qu'on va avoir affaire à quelque chose d'un peu trop propret. Mais c'est une chanson très riche, avec plein d'écho sur le chant, les chœurs doo-wop des Chantones, un solo de saxophone très rhythm and blues par George Katsakis des Royaltones, suivi d'un autre de guitare, très rockabilly.
Chez Michigan Rock and Roll Legends, on apprend que ce titre a été enregistré juste avant que Scott soit appelé à l'armée début 1959. Il n'avait écrit que deux couplets alors, pour faire durer le plaisir, il a fait répéter "Oo-wee, oo-wee, oo-wee, oo-wee, doo-wah" aux Chantones. Au bout du compte, ça fait beaucoup pour l'originalité et l'étrangeté de cette chanson.
Avec les mêmes participants, la face B de ce single, Midgie, est excellente également, dans un moule rockabilly plus classique.
Ma première réaction à l'écoute de There comes a time, c'est que c'était beaucoup plus gentillet, un titre sur un tempo moyen, dans la veine de ce qu'Elvis Presley faisait avec les Jordanaires. C'est vrai, mais c'est d'excellente tenue, parfaitement chanté, et c'est tout sauf de la soupe. Baby Marie poursuit dans ce style.
Avec un disque comme ça qui m'arrive sur un plateau, moi je dis que la vie est belle. A ce rythme, plus besoin d'aller retourner des dizaines de disques de variétoche de bon matin sous la pluie pour ne rien trouver. Je vais me contenter de réceptionner les cadeaux, et il n'est pas obligatoire d'être de ma famille pour m'en faire. Mais avec ce disque et le Yesterday's Children de Philippe R. l'an dernier, la barre est placée haute !

01 juillet 2017

DAVID MARTIAL : Lucie


Acquis sur le vide-grenier de Ludes le 21 avril 2013
Réf : RC 60 -- Édité par Aux Ondes/Disques Célini en France en 1966
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Lucie -- Jerk vidé -/- Élise -- Méringué

Depuis des années, sachant que les disques intéressants du domaine du rock au sens large sont de plus en plus difficiles à dénicher sur les vide-greniers, j'ai reporté mon attention et mes espoirs de trouvailles sur des disques bizarres ou improbables et sur des productions d'ailleurs dans le monde entier. Et si on a la chance de trouver certains de ces disques "exotiques" égarés au fin fond de nos provinces françaises, c'est bien souvent parce que des touristes les ont ramenés en souvenir de leurs vacances.
Cela fait bien longtemps maintenant que des disques africains sont très recherchés et réédités. Désormais, tous les lieux de productions musicaux et tous les styles musicaux, même les plus obscurs, font l'objet de rééditions, notamment, pour ce qui concerne ceux auxquels je m'intéresse et que j'ai l'occasion d'acheter, les disques des Antilles et de l'Océan Indien.
Ainsi, ces dernières années, on a vu sortir les compilations Tumbélé !, Haiti direct ou Sol souk séga.
Rien qu'en juin, Strut a sorti la compilation Oté Maloya, qui se concentre sur les débuts du Maloya électrique à La Réunion, tandis que Born Bad passait en revue le boogaloo aux Antilles avec Disque la rayé.
C'est ce dernier disque qui a particulièrement retenu mon attention.
Dans tous mes disques antillais, il y beaucoup de titres étiquetés Compas, Cadence rampa, Biguine, Tumbélé, Meringue, Boléro, Mazurka, mais très peu de Boogaloo.
C'est sûrement pourquoi, s'il y sur Disque la rayé plusieurs artistes dont j'ai des disques (Maurice Alcindor, Henri Debs, Les Vikings), le seul titre effectivement présent dans ma collection, c'est Jerk vidé de David Martial.
J'ai acheté ce disque un jour où je me suis aventuré sur les anciennes terres de Philippe R. à Rilly-la-Montagne et Ludes.
On connaît tous David Martial pour son tube de 1976 Célimène, mais si j'ai acheté ce 45 tours, c'est avant tout parce que, depuis que l'ami Le Vieux Thorax me l'a conseillé, j'achète tout ce que je vois passer du label Aux Ondes/Disques Célini.
Quand ce 45 tours est sorti en 1966, David Martial, qui a fait au fil des années plusieurs aller-retour entre la Guadeloupe et la France métropolitaine, avait déjà une longue carrière derrière lui, puisque ses premiers enregistrements remontent au début des  années 1950 avec l'orchestre Del's Biguine, comme l'explique Jean-Pierre Meunier dans le livret d'une réédition parue chez Frémeaux.
Je n'ai pas chroniqué ce disque au moment où je l'ai acheté car il ne m'avait pas complètement emballé, et surtout parce que je lui avais préféré le 45 tours des Kajulu Boys acheté le même jour.
Il faut dire que cet EP s'ouvre avec le titre qui me plaît le moins, le slow Lucie. Lucie, c'est bien sûr l'une des très nombreuses cousines de l'Aline de Christophe. Je n'ai pas fait le recensement complet des prénoms féminins chantés par David Martial (il y aussi Élise ici), mais bien avant Célimène il s'en était presque fait une spécialité, puisqu'il y en pas moins de quatre (Laetitia, Ernestine, Marie Josée, Marie Clémence) rien que sur son premier album Show folklore.
Vient ensuite le titre sélectionné par Born Bad, Jerk vidé, présenté comme un boogaloo-jerk. C'est un excellent choix puisque c'est de loin le meilleur ici à mon goût, avec un son et un groove quasiment à la 96 tears, avec la basse chaloupée, l'orgue et le cuivre.
La face B n'est pas mauvaise du tout avec enchaînés une excellente biguine, Élise, et Méringué.
Avec toutes ces rééditions, ces disques antillais vont être mieux connus et recherchés par plus d'amateurs, mais j'espère continuer à en trouver régulièrement au fil de mes pérégrinations.



25 juin 2017

TELEVISION PERSONALITIES : People think that we're strange


Acquis par correspondance via Ebay en décembre 2016
Réf : ER-269 -- Édité par Elefant en Espagne en 2009
Support : 45 tours 17 cm
Titres : People think that we're strange -/- A glimpse of my genius

Rock & Folk, dans son numéro 599 daté de juillet 2017, consacre à Television Personalities une pleine page de sa vénérable rubrique Érudit rock. Cela permet de retracer fidèlement le parcours du groupe et d'en raconter les anecdotes les plus juteuses, à l'occasion de la réédition prochaine par Fire des quatre premiers albums du groupe.
Sur le site de Fire, on trouve plusieurs textes sur Television Personalities et même, je viens de le découvrir, une annonce de la sortie de mon livre sur le groupe. Sympa !
Ce livre, Television Personalities : Journal d'un fan de chambre, au-delà du résumé clinique de R & F, permet de revivre quelques-unes de mes expériences de première main de fan du groupe. Il est disponible gratuitement en téléchargement et ceci est la dernière de la série de chroniques que je fais pour accompagner sa sortie.
Pour compléter, vous pouvez réécouter l'émission Bam Balam de Radio Cité Vauban d'avril dernier, pour laquelle j'étais l'invité de Papy Bam :



Venons-en au disque.
Après le désastre qu'a été pour moi l'album Are we nearly there yet ?, sorti en 2007, je me suis quelque peu désintéressé du groupe, dont les disques sont de toute façon sortis de façon très confidentielle. Eh bien, j'ai eu tort. En effet, quatre 45 tours ont été publiés de 2008 à 2010 (The good anarchist, People think that we're strange, My new tatoo et You're my Yoko), sur lesquels il y a de très bonnes choses.
Cinq des huit faces des 45 tours ont été reprises en 2010 sur A memory is better than nothing, l'ultime album du groupe, tant et si bien que j'ai cru pendant un temps que ce disque était une compilation. Mais non, c'est bel et bien un album studio (salué par l'ami Alan McGee dans le Guardian au moment de sa sortie), et plusieurs des titres de singles sont modifiés : You're my Yoko est devenu She's my Yoko; The good anarchist est chanté par Dan Treacy en plus de l'auteur de la chanson Johanna Lundström; My new tatoo est en version complète et People think that we're strange est dans un mixage différent.
A la fin de l'an dernier, au moment où je bouclais la rédaction de mon livre, j'ai entrepris de compléter ma collection, même si je me suis refusé à acheter My new tatoo, pas tant parce que les deux titres sont sur l'album, mais à cause de sa pochette vraiment très moche !
J'ai finalement sélectionné ici People think that we're strange, parce que j'aime beaucoup la face A, et parce que, pour le coup, la pochette est très réussie, parfaitement dans l'esprit enfantin/psychédélique assez typique du groupe.
Sur une base assez simple et répétitive, avec boite à rythmes et basse, plus quelques riffs de guitare par-ci par-là et une montée d'un quart de ton à l'occasion, il me semble, People think that we're strange est donc à mon sens une réussite et le chant de Dan passe tout à fait bien sur ce titre.
Ce n'est pas le cas il faut bien l'avouer de pas mal de chansons de sa dernière période et notamment sur la face B ici, A glimpse of my genius, où sur une rythmique rock, il parle de ses relations avec les fans à l'époque d'internet, d'une voix un peu pâteuse et plus approximative qu'à l’accoutumée. Mais il réussit à mentionner Jonathan Richman pour se moquer de la fan en question ("- Now, I don't suppose you've heard of Jonathan Richman - Oh yes, I love him! - Well, they all say that don't they, babe").



En plus des disques du groupe et de mon livre, les fans de Television Personalities peuvent se régaler avec la production d'un autre passionné, Wally Salem, qui vient de publier sur son label The Beautiful Music le quatrième volume de reprises-hommages aux TVPs, Holding hands under a cloudless sky.

24 juin 2017

FREDDIE BELL ET LES "BELLBOYS" : Giddy up a ding dong


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 11 juin 2017
Réf : 10095 -- Édité par Mercury en France en 1956 ou 1957
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Giddy up a ding dong -/- Rockin' the Polonaise

L'autre dimanche, la communauté Emmaüs de Tours-sur-Marne organisait toute la journée une vente spéciale et avait annoncé que, pour l'occasion, elle sortirait son stock de vinyls, qui malheureusement n'est plus proposé à la vente en-dehors des quelques événements de ce genre.
Je me suis bien gardé d'arriver à l'ouverture et, comme prévu, quand je me suis pointé une grosse demie-heure plus tard, il y avait cinq-six requins installés à l'une des tables en vente à côté du rayon disques, en train de passer en revue des piles de 33 tours qu'ils venaient de rafler dans les étagères, afin de les trier et de finaliser leur choix.
De ce que j'ai vu du coin de l’œil, ils n'y avait là rien de vraiment rare ou intéressant. Du Neil Young, du Beatles, du Pink Floyd; rien qui ne se soit pas vendu par millions d'exemplaires et qui ne soit pas réédité cent fois. Mais tout ça se revend très bien...
J'ai donc passé très vite en revue les tranches des albums, avant de me concentrer sur les 45 tours, qui visiblement n'intéressaient pas grand monde.
Il faut dire qu'il y avait là-dedans surtout de la variété, de Rika Zaraï à Tino Rossi, mais j'ai quand même réussi dans ce fatras à dénicher ce disque sans pochette, avec la mention "Rock 'n roll" sur l'étiquette".
Je ne connaissais pas Freddie Bell et les "Bellboys", mais je me doutais bien que j'étais tombé sur un disque rock des années cinquante.
Et effectivement, même s'ils n'ont sûrement jamais vraiment été à proprement parler des rockers, Freddie Bell et les "Bellboys", ont apporté leur pierre à l'histoire du genre, dans le sillage de Bill Haley et ses Comets.
Leur carrière n'a pas été très longue, mais on en retiendra deux faits marquants :
  • Là où Bill Haley avait repris le titre rhythm and blues de Joe turner Shake, rattle and roll, Freddie Bell et les Bellboys se sont attaqué pour leur premier single au Hound dog de Big Mama Thornton, en en limant largement les crocs des paroles. Elvis Presley les a vus interpréter cette chanson à Las Vegas en avril 1956, et c'est là qu'il a eu l'idée de l'inscrire à son répertoire. Elle est sortie en juillet 1956 et, même si elle n'était qu'en face B de Don't be cruel, les deux ont été d'énormes succès.
  • Suite au succès de la chanson Rock around the clock grâce à son inclusion en 1955 dans le film Blackboard jungle (Graine de violence), le film Rock around the clock a été tourné en janvier 1956 (j'espère que vous suivez). On y retrouve Bill Haley, bien sûr, les Platters, Tony Martinez et, vous le savez car c'est indiqué sur l'étiquette du 45 tours, Freddie Bell et les Bellboys qui interprètent Giddy up a ding dong.
La chanson est tout à fait dans la lignée de ce que faisait Bill Haley. Elle n'a pas été un tube aux Etats-Unis, mais a eu du succès notamment en Angleterre et en France. Mercury l'a éditée en EP, avec deux pochettes différentes. Mon 45 tours deux titres ne semble être référencé nulle part.
En face B, on trouve un exercice qui deviendra assez courant, une version rockifiée d'une musique classique, Rockin' the polonaise.
Rien d'absolument renversant dans tout ça, mais je suis bien content d'avoir déterré ce tout petit bout d'histoire du rock 'n' roll. Et je préfère toujours ça à un disque plus connu, plus réputé ou recherché, même si le mien "cote" moins.





Freddie Bell et les "Bellboys", Giddy up a ding dong, dans le film Rock around the clock, dont la bande annonce française est ci-dessous.







Deux pochettes pour l'EP français qui contient les deux titres de ce 45 tours.

18 juin 2017

MOUSE ON MARS : Cache cœur naïf


Acquis par correspondance via Discogs en mai 2017
Réf : PURE65CDS -- Édité par Too Pure en Angleterre en 1997
Support : CD 12 cm
Titres : Cache-cœur naïf -- Schnick-schnack -- Lazergum -- Glim

Il y a quelques temps, j'ai réécouté la compilation promo Wow! & flutter et je me suis fait la réflexion que c'était doublement paradoxal que le titre de la compilation vienne d'une chanson de Stereolab (sortie en single, j'ai chroniqué le 45 tours, et sur l'album Mars audiac quintet) alors que le groupe n'y figure pas mais que plusieurs titres donnent l'impression d'être chantés par Lætitia Sadier. C'est même effectivement le cas pour Schnick-schnack, un titre de Mouse on Mars sorti sur ce maxi Cache coeur naïf, que j'avais déjà bien aimé à l'époque en 1997.
Vers le milieu des années 1990, les anglais de Stereolab et les allemands de Mouse on Mars ont collaboré, sur scène et en studio. Cela s'est traduit sur disque par la participation de Mouse on Mars à la production et à l'interprétation sur cinq titres de Stereolab en 1997 (trois sur l'album Dots and loops et deux sur le maxi Miss Modular), tandis que l'on retrouve Lætitia Sadier au chant sur trois des quatre titres de ce disque, et aussi sa complice de Stereolab Mary Hansen aux chœurs sur le premier titre.
Le fil rouge des paroles semble être l'électricité, mentionnée dans les trois titres et au dos de la pochette, avec le slogan "Aujourd'hui c'est l'électricité".
Le son de Mouse on Mars, c'est surtout des bidouillages électroniques et une basse énorme, façon dub. Les deux sont parfaitement associés au chant de Lætitia sur Schnick-Schnack. J'aime particulièrement les passages où elle chante "Il est parti et je m'en fous. Je fais la fête et deviens fou". J'ai l'impression que ce court passage aurait pu figurer dans une chanson d'Elli et Jacno, de Mikado, ou même de Brigitte Fontaine, avec qui Stereolab a collaboré en 1998 sur le titre Caliméro.
On retrouve Schnick-schnack dans une version dite Meltmade sur l'album Autoditacker de Mouse on Mars, sorti également en 1997, où "Le grand soleil électrique" est mentionné dans les paroles. Malheureusement, on n'y entend pas mes deux vers préférés. Ils ne sont pas non plus dans Schnick schnack part 2, une version enregistrée pour une session John Peel le 18 juin 1997, où il y a des "Ouïe ouïe" et des "Aïe aïe" samplés en plus du "grand soleil électrique".
Le titre principal de ce maxi est Cache coeur naïf. Pas mal, mais moins accrocheur que Schnick-schnack à mon sens. Lazergum est bien aussi ("Électricité, un exercice des plus périlleux aujourd'hui, que certains exécutent sans filet électrique"), et le disque se conclut avec l'instrumental Glim.

Le disque entier est en écoute sur YouTube.



17 juin 2017

CONTRESENS


Acquis chez Royer à Epernay le 5 avril 2014
Réf : 661 001 -- Édité par Fnac Music en France en 1991
Support : 33 tours 30 cm
18 titres

J'ai participé récemment au projet Les essentiels de Pascal Blua sur son site Stereographics.
En voyant cette contribution, Philippe Lavergne (Je le connais comme ex-membre des Freluquets et je recommande le Punk Punk Punk ! d'un de ses projets récents, Country Club. Pour en savoir plus sur lui, lisez l'entretien publié par Requiem pour Un Twister, parties 1 et 2) s'est souvenu d'une anecdote me concernant : j'avais interviewé Les Freluquets dans leur chambre d'hôtel avant leur concert à Reims et ils avaient découvert que j'étais JC Brouchard. Grands fans de Biff Bang Pow ! et de Creation, ils n'en revenaient pas de découvrir que JC Brouchard n'était pas (tout à fait) un mythe et les rôles avaient été renversés : d'interrogateur j'étais devenu l'interrogé !
Fort bien ! Je me souviens de ce concert le 8 mars 1991 à L'Usine. Je me souviens que Chelsea était à l'affiche et que j'avais eu l'occasion de retrouver Emmanuel Tellier. Je crois me souvenir que Dorian Gray était un groupe ardennais et je me souviens des rémois Happy Droopy Boys. Mais, si on m'avait posé la question à brûle pourpoint, je ne suis pas sûr que j'aurais affirmé avoir vu Les Freluquets en concert. Et surtout, si j'ai le souvenir de plusieurs rencontres avec des gens contents/surpris de se trouver face à JC Brouchard, j'ai beau me triturer les méninges, je n'arrive pas à faire remonter de vrais souvenirs de cette entrevue à l'hôtel !



Philippe a remué la couteau dans la plaie en précisant que, n'ayant pas été attiré par les excès du rock and roll, il se souvenait de presque tout. Mais moi c'est pareil, je n'ai jamais bu d'alcool ni pris d'autres drogues (en dehors du chocolat, du café et des disques), et pourtant je me rends compte chaque jour que des pans entiers de ma mémoire sont effacés, notamment pour certains concerts.
J'ai la réputation autour de moi d'avoir une excellente mémoire car je fais souvent référence ici à des détails très précis concernant l'achat de mes disques, mais je sais très bien que cette réputation est usurpée, ne serait-ce que parce que, pour raviver mes souvenirs, j'utilise les béquilles mémorielles que sont les disques eux-mêmes, mes carnets et agendas, des photos, internet, les souvenirs des copains... De plus en plus, pour les événements musicaux depuis la fin 2005, ce blog lui-même me sert de périphérique de stockage de mémoire !

Du coup, je suis allé rechercher cette compilation Contresens, l'un des rares disques où l'on retrouve ensemble les deux groupes compagnons de label chez Rosebud qu'étaient Chelsea et Les Freluquets.
J'ai connu et diffusé cet album sur Radio Primitive au moment de sa sortie en 1991, mais je ne l'ai acheté qu'assez récemment, lors de l'un des ultimes déstockages de vinyl chez Royer, au prix imbattable de 50 centimes.
Cette compilation est l'aboutissement d'un projet mené par Emmanuel Tellier, avec Bernard Lenoir comme consultant, et le soutien des Inrockuptibles, de France Inter et des labels.
Il s'agit d'un projet caritatif, réalisé au bénéfice de la Fédération Hospitalière de France, dans le cadre de projets de coopération inter-hospitalière entre hôpitaux de France et d'Europe de l'Est. Mais musicalement, Contresens est un portrait très détaillé et très réussi de la scène pop française du début des années 1990, avec vingt titres majoritairement inédits ou rares.
On y trouve mon titre préféré de Chelsea, L'ange que j'étais, une chanson de leur premier album Réservé aux clients de l'établissement également sortie en single, et un inédit des Freluquets, Les amants, enregistré lors d'une session pour Bernard Lenoir.
Côté têtes d'affiche, Stay with me, la reprise des Comateens par Etienne Daho, était sortie en 1988 sur l'album Pour nos vies martiennes. Par contre, le titre en public de Jean-Louis Murat est inédit par ailleurs, tout comme ceux de Passion Fodder (une recréation azimutée de You keep me hanging on des Supremes, transformée en I swear I'll see you hung) et de Gamine (Monsieur Question Mark, avec des touches psychédéliques façon Five minutes in the life of Greenwood Goulding de Biff Bang Pow !. Malheureusement, ça devrait plutôt s'appeler Mister Question Mark car c'est chanté en anglais). Le titre de Kid Pharaon Merry Go Round est réapparu plus tard sur une face B de 45 tours.
Mais le disque vaut surtout par tous les inconnus qui font ici plus ou moins leurs premiers pas discographiques. Certains en resteront là, ou presque, mais d'autres auront un beau parcours, comme Les Objets ou Dominique Dalcan.
C'est le cas de plusieurs de mes préférés de l'album : Little Rabbits avec The daily train, un titre de leur première cassette Waiting for a neverendind train, qui me plaît plus que le souvenir que j'ai de leur premier album; Forguette Mi Notte avec Petite bouteille, aussi extrait d'une cassette; et surtout le lumineux haïku musical qu'est Comme Jeannie Longo de Katerine, qui serait quelques temps plus tard, mais dans une version différente, le titre phare de son premier album Les mariages chinois.

En réécoutant ce disque, j'ai foncé à contresens sur l'autoroute de ma mémoire morte. Cela n'a pas pour autant ravivé tous mes souvenirs...





11 juin 2017

SURPRISE-PARTIE CHEZ MES VOISINS


Acquis sur le vide-grenier de Vermand le 16 avril 2017
Réf : CLVLX 140 -- Édité par Vogue en France en 1967
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Après la compilation Rock of the 80's, voici un autre des cinq 33 tours achetés pour 2 € à Vermand en avril dernier.
J'ai déjà plusieurs compilations Vogue dans cette veine, dont Voulez-vous venir en surprise-partie avec moi ?, achetée il y a déjà presque dix ans, mais je n'avais pas encore celle-ci, qui était en parfait état, avec un programme assez alléchant. On va en faire le tour.

Les têtes d'affiche
Il y a quelques titres de Petula Clark que j'aime bien, dont sa reprise des Kinks Un jeune homme bien, mais C'est ma chanson, c'est vraiment de la variété sans intérêt.
Les cactus de Jacques Dutronc, c'est par contre un excellent classique de la chanson-rock française de ces années-là.
Je n'adore pas tout des très nombreux 45 tours de Françoise Hardy des années 1960, mais Si c'est ça, avec un accompagnement à la guitare acoustique, est très bien et donc plutôt dans le haut du panier.
Au moment de Je l'appelle Cannelle, une chanson que j'ai connue par une reprise des Lolitas, Antoine, en mode Charleston/Nouvelle Orléans, était déjà au-delà de sa bonne période, qui n'a décidément pas duré longtemps.
Il y a vingt ans, je suppose que la majorité d'entre nous ne connaissait pas Clothilde, même si l'excellente La queue du chat a eu suffisamment de succès pour que plusieurs passages télés ou Scopitone soient tournés à l'époque. Mais depuis il y a eu des compilations, et même une réédition de ses deux EP chez Born Bad, et cette chanson aux paroles drôles et cruelles, avec ses arrangements très réussis, dont un violon qui imite le miaulement du chat, est en passe de devenir un classique. Allez, "On remet ça parce que c'était joli", et parce que c'est une réussite. Un des meilleurs titres de ce disque.
Sans être génial, Je chante pour moi de Sullivan est agréable et parfaitement dans l'air du temps.

La déception
Une des principales raisons pour acheter ce disque, c'était la présence d'un titre de The Kinetic. Un obscur groupe psychédélique, dont le guitariste était Bob Weston (qui a joué plus tard avec Fleetwood Mac) et qui a eu droit à une peinture de la pochette de son EP Suddenly tomorrow dans l'Avis aux inventeurs d'épaves de Pascal Comelade. Je sais bien que ce n'est qu'une face B de cet EP, mais Time of season (rien à voir avec la chanson des Zombies) m'a déçu car c'est un titre lent qui n'est que très légèrement psyché. J'en attendais beaucoup mieux.

Les découvertes
Je n'attendais absolument rien du titre du Trio Athénée, d'autant que je les confondais avec Les Athéniens, qui ont accompagné Nana Mouskouri. Mais jamais je n'aurais pensé que Chez les grecs (Oyez-les !), une face B de leur EP Quand il fait chaud (Caliente), pourrait être ce petit bijou délirant d'humour polyglotte, avec même de la fuzz. La bonne surprise de l'album.
Je ne connaissais pas du tout Eddie Lee Mattison (Roy Edwards de son vrai nom). Son Take your time est un titre Rhythm and Blues d'excellente facture, une de ces obscures pépites recherchées par les fans de Northern Soul.
Sur Les Fauves, Cléo chante avec une diction à la Dutronc. Ce n'est sûrement pas un hasard car, sur le même EP, elle interprétait Et moi, et toi, et soie, en référence à Et moi et moi et moi bien sur et sur une musique de Dutronc. Pas mal du tout.

Les autres
Ce n'est pas vraiment mon truc, mais Muriel Boreen avec Bientôt vingt ans (son seul 45 tours, orchestre dirigé par Jean-Claude Vannier) et Liz Sarian avec On s'aime, avec des échos de Patricia Carli, font partie de ces nombreuses chanteuses que Vogue a tenté de lancer et, dans le style, ces deux chansons sont tout à fait correctes.

En résumé, ce disque est sûrement un bon reflet de la production pléthorique de Vogue en 1967. A 40 centimes c'est une bonne affaire. Chez Discogs, il faudrait dépenser en moyenne 300 € pour s'offrir les 45 tours originaux de Clothilde, Cléo, Muriel Boreen, Eddie Lee Mattison et The Kinetic !

Le disque peut être téléchargé chez Doc Over Blog.




Jacques Dutronc, Les cactus, en direct dans l'émission Rendez-vous au bowling de la Radio Télévision Suisse, en 1966.






Antoine, Je l'appelle Cannelle, avec la participation d'Henri Salvador.

10 juin 2017

YANN TIERSEN : Monochrome interprété par DOMINIQUE A


Acquis le 10 juin 2012 sur le vide-grenier de Roches-sur-Marne
Réf : VISA 7076 -- Édité par Labels en France en 2002 -- Échantillon promotionnel - Interdit à la vente
Support : CD 12 cm
Titre : Monochrome

Ces derniers mois, j'ai eu l'occasion d'acheter quatre albums différents de Yann Tiersen, à des prix allant de 50 centimes à 1 €. Je les ai écoutés et appréciés et, aussi bien pour la version studio sur Le phare que pour celle en public sur C'était ici, je me suis fait la réflexion que Monochrome était peut-être ma chanson préférée à la fois de Tiersen et de Dominique A.
Je crois bien que, il y a quelques semaines, j'ai même regardé s'il existait un single commercialisé avec ce titre (la réponse était non). Et puis en début de semaine, en rangeant un des albums, sur quoi est-ce que je tombe ? Un single promo en pochette carton avec justement la version en public de Monochrome !
J'ai une bonne excuse pour ne pas m'être précisément souvenu que j'avais ce disque puisque, il y a pile cinq ans aujourd'hui, j'avais acheté pas moins de 58 disques, 45 tours, 33 tours et CD, à Roches-sur-Marne à un gars qui probablement écoulait une fin de stock d'une boutique de Saint-Dizier. Celui-ci m'avait coûté 5 centimes.
J'avais vraiment fait une bonne pioche ce jour-là, puisque c'est le cinquième disque que je chronique de ce lot, après Howard Werth, Prince of Wales Stars, Henri Salvador et Lou Reed (ça m'amuse bien d'enchaîner ces deux-là...!).
La version originale de Monochrome est donc sortie en 1998 sur Le Phare. Il y a avait déjà eu à l'époque un promo largement monochrome en pochette carton.
Le premier vers fait référence à un cercle dont il est impossible de sortir et la composition me donne l'impression d'être elle-même circulaire, mais un cercle qui monterait un peu à chaque tour, donc plutôt une spirale, qui à la fin arriverait à l'endroit d'où elle était partie, un peu comme un escalier à la Escher.
C'est Dominique A qui chante, très bien. Le seul reproche que j'ai à faire à cette chanson, c'est que les paroles sont en anglais plutôt qu'en français, mais c'est à Yann Tiersen qu'il faudrait le faire plutôt qu'à Dominique, puisque c'est lui qui est l'auteur des paroles en plus d'être le compositeur de la musique.
Une vidéo très réjouissante a été tournée pour cette version de Monochrome :



La version qu'on trouve sur mon CD, toujours chantée par Dominique A, a été enregistrée à la Cité de la Musique à Paris en février 2002, dans le cadre d'un récital co-produit avec le Printemps de Bourges.
La version de la chanson n'est pas fondamentalement différente, à la différence notable de la présence des cordes de l'ensemble orchestral Synaxis. Cette version est aussi un peu plus énergique et enlevée.
Une réussite en tout cas, et décidément je fais de belles découvertes cette année en chinant dans mes propres étagères !



05 juin 2017

THE ROLLING STONES : Les Jours Star avec Les Rolling Stones


Acquis sur le vide-grenier du Mesnil Sur Oger le 21 mai 2017
Réf : 533 773-4 -- Édité par Universal Music Projets Spéciaux en France en 2012 -- Hors commerce
Support : CD 12 cm
Titres : It's only rock 'n' roll (But I like it) -/- Start me up

C'était le seul disque du stand, posé bien en évidence sur la table, encore sous cellophane. Quand j'ai compris de quoi il s'agissait, je me suis dit que ce serait intéressant  de le prendre, mais je n'aurais sûrement pas misé dessus plus que les 50 centimes que la vendeuse en demandait.
On trouve au dos de la pochette la mention "Hors commerce", assez courante, notamment pour des disques promotionnels distribués hors du circuit traditionnel de vente de détail. Mais dans ce contexte, cette expression prend une saveur particulière, car ce disque n'existe que dans le cadre d'une opération commerciale, et même publicitaire !
L'année 2012 était la cinquantième depuis les débuts des Rolling Stones, marquée comme il se doit par des concerts, l'édition d'une compilation de cinquante titres (dont deux inédits), d'un livre, etc. etc.
Un bon prétexte pour que Carrefour Market sélectionne les Stones cette année-là pour son opération Les Jours Star, une animation commerciale en magasin relayée en ligne.
Comme l'explique Mathieu Monniot, qui a travaillé dessus, l'opération se déclinait en :
  • Un jeu de cartes à collectionner (une pochette pour 20 € d'achat).
  • Un juke-box (payant, apparemment) permettant de gagner des milliers de "cadeaux rock".
  • Un site spécial en ligne avec des concours pour gagner des séjours à Londres, "la guitare dédicacée de Keith Richards" et une application Facebook pour gagner des lots en "tirant la langue comme Mick Jagger" !
J'imagine que c'était censé être une opération gagnant-gagnant pour les Stones et pour Carrefour Market, dont la clientèle sûrement pas très jeune doit sûrement en partie s'intéresser à ce groupe, ou au moins le connaître.
Parait-il que la première fois que les Stones ont autorisé l'usage de leur musique pour de la pub, c'était en 1995 pour le son de démarrage de Windows 95 (Start me up, ah ah ah !), contre trois millions de dollars. Depuis, les écoutilles sont largement ouvertes et visiblement il n'y a plus de limites à la commercialisation du catalogue.
Je suppose que ce CD deux titres, avec évidemment bien en évidence le logo à la bouche qui est une marque commerciale déposée, est l'un des petits lots qui étaient offerts dans les différents concours organisés.
On y retrouve deux titres publiés après la période Decca, c'est à dire choisis dans le catalogue dont le groupe reste propriétaire. Il s'agit de deux succès qui sont devenus des classiques de la période "mâture" du groupe, It's only rock 'n' roll (But I like it), le morceau qui a donné son titre à leur album de 1974, et Start me up, le premier 45 tours extrait de l'album Tattoo you en 1981. On était dans une période où le groupe avait encore un très grand succès, mais cela faisait déjà longtemps qu'il n'était plus essentiel.
Autant leur inspirateur Chuck Berry a créé avec Roll over Beethoven et Rock and Roll music deux vrais hymnes au Rock 'n' Roll, autant on a ici une chanson longue, dont on ne retient que le refrain, un refrain qui semble justement dénigrer ce style musical : "Je sais que ce n'est que du rock 'n' roll mais j'aime bien ça".
A l'époque où Start me up est sorti, Richards et Jagger ne se parlaient pas et, pour avoir un nouvel album dans les temps, l'entreprise Rolling Stones en a été réduite à reprendre des bouts de titres entamés dans les années précédentes pour les compléter et rajouter du chant dessus. Start me up, c'est avant tout un riff de guitare. Il est conseillé de ne pas s'attarder sur les paroles ("Si tu me démarres, jamais je ne m'arrêterai. Tu fais pleurer un homme mûr."), et même le riff risque d'être gâché à vie si on regarde la vidéo, réalisée comme celle de It's only rock 'n' roll par Michael Lindsay-Hogg, avec Mick Jagger qui danse sur l'introduction, visiblement après avoir forcé sur les cours d'aérobic.
Allez, on sait bien qu'il n'est pas question ici de rock 'n' roll, mais on peut chanter tous en choeur "I know it's only big business (but I like it)" !


La page d'accueil du site de l'opération Les Jours Star avec Les Rolling Stones.





04 juin 2017

NINA SIMONE : My sweet Lord (Spécial club)


Acquis sur le vide-grenier de Dizy le 28 mai 2017
Réf : PR 005 -- Édité par RCA en France en 1972 -- Tirage limité - Vente interdite au public
Support : 33 tours 30 cm
Titres : My sweet Lord -/- My sweet Lord

Dimanche dernier, on s'est pointé à dix heures trente passées sur la broc de Dizy, sympa et pratique, installée sur les deux côtés d'une avenue qui traverse le bourg.
Autant dire que, arrivant après des dizaines de collectionneurs, je ne visais pas la bonne affaire exceptionnelle. Je m'attendais même à revenir bredouille mais, dans une caisse d'une petite quinzaine d'albums qui ne payaient pas de mine (des compilations de reprises de succès par des groupes anonymes, principalement), je suis d'abord tombé sur Rock anthology vol. 2, encore un disque a priori quelconque, sauf qu'il n'est pas crédité à un anonyme, mais au seul Albert King.
Le moment était venu de demander au camelot le prix de ses disques. Il m'a répondu 20 centimes, et j'étais déjà bien content de ma journée. Précisons que ce disque est une (ré)édition d'avant 1971 (C'est un BIEM) de l'album King, does the King's things de 1969, qui est bien une anthologie du rock puisque, on l'aura compris, Albert n'y fait que des reprises d'Elvis Presley. Pas un mauvais disque, mais je n'aime pas trop le chant d'Albert, et le son typique de Stax est à mon goût trop en retrait sur cette production du label de Memphis.
Je n'imaginais pas trouver un autre disque intéressant dans la poignée qui restait dans la caisse. Et pourtant ! J'ai vu le verso d'une pochette, avec un texte imprimé en écriture manuscrite sur fond noir, et j'ai aperçu les mots Nina Simone. J'ai retourné la pochette et j'ai constaté qu'il s'agissait d'un disque que je n'avais jamais vu. J'ai sorti le disque, et j'ai vu que c'était un maxi promo avec le même titre sur les deux faces. Bingo !

Le texte au dos de la pochette est sûrement dû à un responsable commercial de chez RCA, mais je n'arrive pas à déchiffrer sa signature, qui commence par un "J" majuscule, comme le "Je" de son texte.
Il s'adresse visiblement aux DJs des boites de nuit et aux animateurs de radio qui avaient fait un succès du 45 tours My way, en leur proposant ce My sweet Lord, "enregistré lors d'un show télévisé public contre la guerre du Vietnam organisé par Jane Fonda".



Il ne m'a pas fallu trop longtemps pour apprendre que cet enregistrement a été publié en 1972 sur l'album Emergency ward.
My Sweet Lord, en medley avec le poème Today is a killer écrit par David Nelson des Last Poets, y occupe entièrement la première face. Contrairement à l'habitude, la version "club" de mon disque n'est pas plus longue que l'originale, mais plus courte puisque, à 14'37 ici, on a un titre amputé de près de 4' par rapport à la version album, minutes qui ont dû être prises au début et à la fin. Par contre, même si les crédits ne le mentionnent pas, on y entend bien Today is a killer.
Les conditions d'enregistrement de ce titre sont intéressantes à connaître. J'ai trouvé des informations détaillées à ce sujet dans le livre Nina Simone, une vie de David Brun-Lambert, dont on peut lire de larges extraits en ligne.
L'enregistrement a eu lieu dans le cadre de la tournée Free the army organisée par Jane Fonda et Donald Sutherland contre l'intervention américaine au Vietnam. Un documentaire sur cette tournée, F.T.A. (pour "Free the army", officiellement, mais tout le monde comprenait "Fuck the army"), est sorti en 1972, mais bizarrement il n'est resté en salles qu'une semaine. Il a depuis été réédité en DVD. Voici sa bande annonce.


La bande annonce pour la réédition en DVD de FTA.

Le concert de Nina Simone a eu lieu le 18 novembre 1971 à Fort Dix en l'honneur de soldats noirs de retour au pays. Apparemment, le public l'a attendue pendant des heures. Quand elle est finalement apparue sur scène, dans une ambiance folle, entourée notamment par la chorale Bethany Church Junior Choir de South Jamaica à New York, par son frère Sam et sa fille Lisa, elle leur a directement balancé cette version épique du tube de George Harrison. 
My sweet Lord, c'est à la fois le premier 45 tours solo de l'ex-Beatles, son plus grand succès dans les classements des ventes et aussi le titre qui a terni sa réputation, puisqu'il a perdu un procès intenté pour la trop grande ressemblance avec le He's so fine des Chiffons.
Nina Simone met vraiment la chanson à sa sauce. Elle modifie les paroles : plus de références à Krishna ou Rama, ici, seulement des "Alléluia" pour cette version gospel/chrétienne prise sur un rythme effréné, rythmée par les chœurs, les percussions, des claquements de main et une basse énorme.
Difficile d'écouter cette chanson sans se bouger, sans chanter et sans finir quasiment en sueur.
L'insertion du poème des Last Poets, sur la fugacité du bonheur et des rêves et le caractère meurtrier du quotidien, renforce la chanson et montre à quel point Nina Simone s'est impliquée dans l'interprétation de ces deux œuvres.
Malgré les envois promotionnels (il y a aussi eu un 45 tours promo avec une version très raccourcie mais pas de sortie commerciale), je ne crois pas que l'album Emergency ward s'est particulièrement bien vendu en France, mais je suis fort content d'avoir glané cette rareté.

27 mai 2017

DON'T WORRY BE ANGRRY (VARIOUS ARGHTISTS 2)

https://www.flickr.com/photos/denisgrrr/
Offert par Fabienne M. à Mareuil sur Ay en mai 2017
Réf : GRr 024 -- Édité par !aNGRr! en France en 2017
Support : 4 x 33 tours 25 cm
48 titres

Je ne sais pas comment je me suis retrouvé il y a plusieurs années inscrit sur la liste de diffusion des informations de Madame Macario, mais mes adresses circulent pas mal, ce n'est donc pas trop étonnant.
Et ces lettres de Madame Macario sont mémorables. Ça tient à pas grand chose, la typographie, le vocabulaire, le ton, mais on devine en quelques lignes un personnage, qui se définit comme un arghtiviste culturel, dont on ne doute pas pas qu'il est plein d'enthousiasme et qu'il doit posséder un abattage et une tchatche impressionnants.



Les activités de Madame Macario sont nombreuses et variées. Le chant-hurlement depuis des décennies dans diverses formations (Stanley Kubi, Moustafa Moustache,...), l'organisation de concerts-événements et de tournées, la publication de disques avec le label !aNGRr!, la diffusion culturelle avec son info$hop aNGRRykULTURRa, une disquerie et bouquinerie, la participation aux projets du Cirque Électrique et du festival Sonic Protest,...
Un de ses derniers projets en date c'est ce très beau coffret, qui associe musique et graphisme, sous la forme de quatre 33 tours 25 cm en vinyl de couleur aux pochettes illustrées plein cadre et d'un livre carré de 60 pages.
C'est en fait, vingt ans après, le deuxième volet de la collection Don't worry be angrry. Le premier volume, un 33 tours accompagné d'un livre, avec 19 titres par 6 artistes, est toujours disponible.
Je me suis fait offrir ce volume 2 de Don't worry be angrry, pour soutenir le projet et parce que j'avais repéré plusieurs noms qui m'intéressaient dans la liste des huit artistes au programme musical (un par face de disque).
A commencer par Albert Marcœur, dont j'étais justement en train de me délecter du nouvel album Si oui, oui. Sinon non. Les quatre titres qu'on trouve ici sont je crois précédemment inédits sur disque. Ils ont été enregistrés entre 1972 et 2000 et ont été initialement diffusés comme "bonus" liés à l'achat d'albums en MP3 réédités par Label Frères. Mon préféré est Télé telle quelle, qui s'appelait initialement Télé bonus. Il y a un riff de guitare étonnant ici qui aurait presque pu en faire un tube pop-rock. Comme Déclaration officielle, interprété en public avec le Quatuor Béla, il date de la période de l'album M, A, R et cœur comme cœur. Du coup, je me suis décidé à le commander.
Ensuite viennent Fantazio et Benjamin Colin. Cela fait des années que Le Vieux Thorax me parle de ce musicien Fantazio (contrebassiste) qu'il suit de près. Avec leur projet Monnaie de Singe, ils ont donné 300 concerts improvisés de 1999 à 2014.
L'une des caractéristiques de ce coffret, c'est sa variété. Aussi bien dans les genres musicaux présentés que dans l'origine des titres (rééditions, inédits, anciens, récents,...).
J'ai pris une claque à l'écoute de Tapaz, le premier des quatre titres de Christine Salem inclus ici. La photo de pochette, par Frank Loriou, est assez intemporelle. J'ai cru avoir affaire à une chanteuse soul des années 1970. Pourtant, l'album Larg pa lo kor, dont viennent les quatre titres, date de 2015.
Christine Salem est originaire de La Réunion. Avec son groupe Salem Tradition, elle était présentée comme chanteuse de Maloya, mais en solo elle concocte une mixture personnelle, où j'entends notamment l'écho du rock le plus primitif de Bo Diddley. Il y a ces paroles en créole, d'autant plus fascinantes et mystérieuses pour moi à chaque fois que j'ai l'impression de saisir des bribes de sens ("Réglements de compte les couillons" ?).
On change de disque et complètement de style avec Guess What, un duo orgue-batterie. On a ici cinq extraits de Mondo Giallo, leur deuxième album, qui propose la bande originale instrumentale de quatre films "giallo" italiens imaginaires.
Ensuite, on a carrément la réédition (plus un titre), de And this way red neck do you like it ?, un 45 tours EP de 1989 de Witches Valley, qui figure à juste titre au panthéon garage-fuzz du Vieux Thorax, encore lui.
Les premières notes de l'excellent Gollnish dans les prés… de Gopher Wyborowa m'ont évoqué un croisement entre The Ukrainians et Shrimp Boat. C'est sans doute dû à la formation assez originale, qui associe mandoline, banjo, basse et batterie. J'attendais aussi beaucoup du titre Abba bella ciao, mais l'écoute m'a un peu déçu.
Après Christine Salem, 'autre grande découverte pour moi, c'est Dr. Snuggle et MC Jacqueline.
Leur album est initialement sorti en 2003 sous la forme d'un CD-R partagé avec Rocky Kat. Il a été réédité en 2009 en vinyl, mais c'est épuisé. Il est désormais sur Bandcamp, et on en a huit titres ici. Ils font un excellent hip-hop électronique, avec un gars qui hurle des conneries à se tordre par dessus. Dans le genre, je ne peux que penser à mes potes Les Boum Bomo's (qui sont moins hip hop). Richard. 53 ans est sûrement leur tube, mais La samba, Peine de mort et les autres sont du même tonneau.
La dernière face est pour Unlogistic, un groupe hardcore avec Madame Macario en personne au chant. Il s'agit de tous les titres (sauf un) de leur premier album Capitulation, paru en 2006.

Je vous propose ma sélection personnelle, à raison d'un titre par face :
  • Albert Marcœur - Télé telle quelle
  • Fantazio et Benjamin Colin - Petites voix
  • Christine Salem - Tapaz
  • Guess What -Il serpente
  • Witches Valley - Go with him to heaven two
  • Gopher Wyborowa - Gollnish dans les prés…
  • Dr Snuggle & Mc Jacqueline - Richard. 53 ans.
  • Unlogistic - Propaganda Macario
Des CD m'auraient suffi (mais les pochettes à elles seules peuvent justifier le vinyl), mais ce coffret est une réussite. Offrez-vous le, ou faites-vous le offrir !

Don’t Worry, Be Angrry – Various Arghtists 2 est disponible jusqu’au 30 juillet en vente directe (de la main à la main) sur le stand « commère-cial » de Madame Macario au Cirque Électrique (Place du Maquis du Vercors, 75020 Paris) ou par correspondance chez CD1D.






Plonk & Replonk, De la presquitude des choses.


Kiki Picasso, image tirée de Mosaïque bordélique.

25 mai 2017

ALBERT MARCŒUR ET LE QUATUOR BÉLA : Si oui, oui. Sinon non


Acquis par correspondance chez Label Frères en mars 2017
Réf : [sans] -- Édité par Béla Label & Label Frères en France en 2017
Support : CD 12 cm
9 titres

Cela fait quelques années maintenant que je suis abonné à la Lettre d'Albert Marcœur. La parution est irrégulière (plus d'un an entre la 39e et la plus récente, la 40e), mais c'est toujours un plaisir de la lire. On y trouve des informations sur ses projets, bien sûr, mais aussi des anecdotes, réflexions, coups de gueule...
L'annonce de la parution sur disque d'une collaboration avec un quatuor à cordes avait retenu mon attention, et j'ai encore plus dressé l'oreille quand j'ai écouté un titre chez Culturopoing. Ça m'a décidé à commander le CD illico, et j'en suis bien content car le disque est réjouissant de bout en bout.
Si oui, oui. Sinon non est écrit et composé par Albert Marcoeur, qui chante et joue de la table sonore et des percussions. Le quatuor Béla ne se contente pas de jouer des cordes, puisque trois de ses membres contribuent des voix : des chœurs, mais aussi des effets sonores, comme le son des roulettes de valises ou le bourdonnement des mouches. Chapeau !
A l'origine,il y a un spectacle créé en 2013 au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris dans le cadre du festival La voix est libre, avec apparemment une scénographie particulière, avec Marcœur, ses partitions et quelques accessoires assis à une table au centre de la scène, et les musiciens du quatuor en arc de cercle derrière lui. Des représentations ont lieu régulièrement depuis. La prochaine est prévue le 5 août aux Utopies Festivales de Pisy.
La production du disque a pris un peu de temps, puisque les enregistrements datent de 2015. Il s'ouvre sur une introduction instrumentale de plusieurs minutes, avant qu'Albert Marcœur n'aligne expressions toutes faites et lieux communs, ce qu'il désigne comme des Pirouettes pour des prunes.
J'aime toutes les chansons, je ne vais donc pas les lister une à une, mais toujours est-il que, quel que soit le style des compositions, Marcœur a un style qui lui est propre, qu'on peut retracer dès ses premiers enregistrements il y a plus de quarante ans jusqu'à ces chansons sur Les mouches, les produits d'Entretien ("Y'a plus de papier cul"), l'école libre qui est privée... Outre Les valises à roulettes et Les deux petits vieux, le titre qui a le plus attiré mon attention initialement est La fanfare des Laumes, est un peu à part sur le disque, à la fois parce qu'il contient des échantillons musicaux d'autres disques et parce que les paroles sont issus du témoignage d'un ancien tubiste recueilli par Claude Marcœur.

L'album est en vente chez Label Frères, où l'on peut écouter des extraits de tous les titres, et chez Quatuor Béla, où deux titres sont en écoute intégrale.


Albert Marcoeur & le Quatuor Béla, Les valises à roulettes, lors de la création en 2013 de Si oui, oui. Sinon non pour le festival La voix est libre au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris.


Albert Marcoeur & le Quatuor Béla, Les mouches, en 2014 au Festival Sonic Protest au Cirque Electrique à Paris.


Albert Marcoeur & le Quatuor Béla, Déclaration officielle, en 2014 au Festival Sonic Protest au Cirque Electrique à Paris. Cette chanson, parue à l'origine en 1998 sur M, A, R et cœur comme cœur, ne figure pas sur l'album.

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