18 juin 2017

MOUSE ON MARS : Cache cœur naïf


Acquis par correspondance via Discogs en mai 2017
Réf : PURE65CDS -- Édité par Too Pure en Angleterre en 1997
Support : CD 12 cm
Titres : Cache-cœur naïf -- Schnick-schnack -- Lazergum -- Glim

Il y a quelques temps, j'ai réécouté la compilation promo Wow! & flutter et je me suis fait la réflexion que c'était doublement paradoxal que le titre de la compilation vienne d'une chanson de Stereolab (sortie en single, j'ai chroniqué le 45 tours, et sur l'album Mars audiac quintet) alors que le groupe n'y figure pas mais que plusieurs titres donnent l'impression d'être chantés par Lætitia Sadier. C'est même effectivement le cas pour Schnick-schnack, un titre de Mouse on Mars sorti sur ce maxi Cache coeur naïf, que j'avais déjà bien aimé à l'époque en 1997.
Vers le milieu des années 1990, les anglais de Stereolab et les allemands de Mouse on Mars ont collaboré, sur scène et en studio. Cela s'est traduit sur disque par la participation de Mouse on Mars à la production et à l'interprétation sur cinq titres de Stereolab en 1997 (trois sur l'album Dots and loops et deux sur le maxi Miss Modular), tandis que l'on retrouve Lætitia Sadier au chant sur trois des quatre titres de ce disque, et aussi sa complice de Stereolab Mary Hansen aux chœurs sur le premier titre.
Le fil rouge des paroles semble être l'électricité, mentionnée dans les trois titres et au dos de la pochette, avec le slogan "Aujourd'hui c'est l'électricité".
Le son de Mouse on Mars, c'est surtout des bidouillages électroniques et une basse énorme, façon dub. Les deux sont parfaitement associés au chant de Lætitia sur Schnick-Schnack. J'aime particulièrement les passages où elle chante "Il est parti et je m'en fous. Je fais la fête et deviens fou". J'ai l'impression que ce court passage aurait pu figurer dans une chanson d'Elli et Jacno, de Mikado, ou même de Brigitte Fontaine, avec qui Stereolab a collaboré en 1998 sur le titre Caliméro.
On retrouve Schnick-schnack dans une version dite Meltmade sur l'album Autoditacker de Mouse on Mars, sorti également en 1997, où "Le grand soleil électrique" est mentionné dans les paroles. Malheureusement, on n'y entend pas mes deux vers préférés. Ils ne sont pas non plus dans Schnick schnack part 2, une version enregistrée pour une session John Peel le 18 juin 1997, où il y a des "Ouïe ouïe" et des "Aïe aïe" samplés en plus du "grand soleil électrique".
Le titre principal de ce maxi est Cache coeur naïf. Pas mal, mais moins accrocheur que Schnick-schnack à mon sens. Lazergum est bien aussi ("Électricité, un exercice des plus périlleux aujourd'hui, que certains exécutent sans filet électrique"), et le disque se conclut avec l'instrumental Glim.

Le disque entier est en écoute sur YouTube.



17 juin 2017

CONTRESENS


Acquis chez Royer à Epernay le 5 avril 2014
Réf : 661 001 -- Édité par Fnac Music en France en 1991
Support : 33 tours 30 cm
18 titres

J'ai participé récemment au projet Les essentiels de Pascal Blua sur son site Stereographics.
En voyant cette contribution, Philippe Lavergne (Je le connais comme ex-membre des Freluquets et je recommande le Punk Punk Punk ! d'un de ses projets récents, Country Club. Pour en savoir plus sur lui, lisez l'entretien publié par Requiem pour Un Twister, parties 1 et 2) s'est souvenu d'une anecdote me concernant : j'avais interviewé Les Freluquets dans leur chambre d'hôtel avant leur concert à Reims et ils avaient découvert que j'étais JC Brouchard. Grands fans de Biff Bang Pow ! et de Creation, ils n'en revenaient pas de découvrir que JC Brouchard n'était pas (tout à fait) un mythe et les rôles avaient été renversés : d'interrogateur j'étais devenu l'interrogé !
Fort bien ! Je me souviens de ce concert le 8 mars 1991 à L'Usine. Je me souviens que Chelsea était à l'affiche et que j'avais eu l'occasion de retrouver Emmanuel Tellier. Je crois me souvenir que Dorian Gray était un groupe ardennais et je me souviens des rémois Happy Droopy Boys. Mais, si on m'avait posé la question à brûle pourpoint, je ne suis pas sûr que j'aurais affirmé avoir vu Les Freluquets en concert. Et surtout, si j'ai le souvenir de plusieurs rencontres avec des gens contents/surpris de se trouver face à JC Brouchard, j'ai beau me triturer les méninges, je n'arrive pas à faire remonter de vrais souvenirs de cette entrevue à l'hôtel !



Philippe a remué la couteau dans la plaie en précisant que, n'ayant pas été attiré par les excès du rock and roll, il se souvenait de presque tout. Mais moi c'est pareil, je n'ai jamais bu d'alcool ni pris d'autres drogues (en dehors du chocolat, du café et des disques), et pourtant je me rends compte chaque jour que des pans entiers de ma mémoire sont effacés, notamment pour certains concerts.
J'ai la réputation autour de moi d'avoir une excellente mémoire car je fais souvent référence ici à des détails très précis concernant l'achat de mes disques, mais je sais très bien que cette réputation est usurpée, ne serait-ce que parce que, pour raviver mes souvenirs, j'utilise les béquilles mémorielles que sont les disques eux-mêmes, mes carnets et agendas, des photos, internet, les souvenirs des copains... De plus en plus, pour les événements musicaux depuis la fin 2005, ce blog lui-même me sert de périphérique de stockage de mémoire !

Du coup, je suis allé rechercher cette compilation Contresens, l'un des rares disques où l'on retrouve ensemble les deux groupes compagnons de label chez Rosebud qu'étaient Chelsea et Les Freluquets.
J'ai connu et diffusé cet album sur Radio Primitive au moment de sa sortie en 1991, mais je ne l'ai acheté qu'assez récemment, lors de l'un des ultimes déstockages de vinyl chez Royer, au prix imbattable de 50 centimes.
Cette compilation est l'aboutissement d'un projet mené par Emmanuel Tellier, avec Bernard Lenoir comme consultant, et le soutien des Inrockuptibles, de France Inter et des labels.
Il s'agit d'un projet caritatif, réalisé au bénéfice de la Fédération Hospitalière de France, dans le cadre de projets de coopération inter-hospitalière entre hôpitaux de France et d'Europe de l'Est. Mais musicalement, Contresens est un portrait très détaillé et très réussi de la scène pop française du début des années 1990, avec vingt titres majoritairement inédits ou rares.
On y trouve mon titre préféré de Chelsea, L'ange que j'étais, une chanson de leur premier album Réservé aux clients de l'établissement également sortie en single, et un inédit des Freluquets, Les amants, enregistré lors d'une session pour Bernard Lenoir.
Côté têtes d'affiche, Stay with me, la reprise des Comateens par Etienne Daho, était sortie en 1988 sur l'album Pour nos vies martiennes. Par contre, le titre en public de Jean-Louis Murat est inédit par ailleurs, tout comme ceux de Passion Fodder (une recréation azimutée de You keep me hanging on des Supremes, transformée en I swear I'll see you hung) et de Gamine (Monsieur Question Mark, avec des touches psychédéliques façon Five minutes in the life of Greenwood Goulding de Biff Bang Pow !. Malheureusement, ça devrait plutôt s'appeler Mister Question Mark car c'est chanté en anglais). Le titre de Kid Pharaon Merry Go Round est réapparu plus tard sur une face B de 45 tours.
Mais le disque vaut surtout par tous les inconnus qui font ici plus ou moins leurs premiers pas discographiques. Certains en resteront là, ou presque, mais d'autres auront un beau parcours, comme Les Objets ou Dominique Dalcan.
C'est le cas de plusieurs de mes préférés de l'album : Little Rabbits avec The daily train, un titre de leur première cassette Waiting for a neverendind train, qui me plaît plus que le souvenir que j'ai de leur premier album; Forguette Mi Notte avec Petite bouteille, aussi extrait d'une cassette; et surtout le lumineux haïku musical qu'est Comme Jeannie Longo de Katerine, qui serait quelques temps plus tard, mais dans une version différente, le titre phare de son premier album Les mariages chinois.

En réécoutant ce disque, j'ai foncé à contresens sur l'autoroute de ma mémoire morte. Cela n'a pas pour autant ravivé tous mes souvenirs...





11 juin 2017

SURPRISE-PARTIE CHEZ MES VOISINS


Acquis sur le vide-grenier de Vermand le 16 avril 2017
Réf : CLVLX 140 -- Édité par Vogue en France en 1967
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Après la compilation Rock of the 80's, voici un autre des cinq 33 tours achetés pour 2 € à Vermand en avril dernier.
J'ai déjà plusieurs compilations Vogue dans cette veine, dont Voulez-vous venir en surprise-partie avec moi ?, achetée il y a déjà presque dix ans, mais je n'avais pas encore celle-ci, qui était en parfait état, avec un programme assez alléchant. On va en faire le tour.

Les têtes d'affiche
Il y a quelques titres de Petula Clark que j'aime bien, dont sa reprise des Kinks Un jeune homme bien, mais C'est ma chanson, c'est vraiment de la variété sans intérêt.
Les cactus de Jacques Dutronc, c'est par contre un excellent classique de la chanson-rock française de ces années-là.
Je n'adore pas tout des très nombreux 45 tours de Françoise Hardy des années 1960, mais Si c'est ça, avec un accompagnement à la guitare acoustique, est très bien et donc plutôt dans le haut du panier.
Au moment de Je l'appelle Cannelle, une chanson que j'ai connue par une reprise des Lolitas, Antoine, en mode Charleston/Nouvelle Orléans, était déjà au-delà de sa bonne période, qui n'a décidément pas duré longtemps.
Il y a vingt ans, je suppose que la majorité d'entre nous ne connaissait pas Clothilde, même si l'excellente La queue du chat a eu suffisamment de succès pour que plusieurs passages télés ou Scopitone soient tournés à l'époque. Mais depuis il y a eu des compilations, et même une réédition de ses deux EP chez Born Bad, et cette chanson aux paroles drôles et cruelles, avec ses arrangements très réussis, dont un violon qui imite le miaulement du chat, est en passe de devenir un classique. Allez, "On remet ça parce que c'était joli", et parce que c'est une réussite. Un des meilleurs titres de ce disque.
Sans être génial, Je chante pour moi de Sullivan est agréable et parfaitement dans l'air du temps.

La déception
Une des principales raisons pour acheter ce disque, c'était la présence d'un titre de The Kinetic. Un obscur groupe psychédélique, dont le guitariste était Bob Weston (qui a joué plus tard avec Fleetwood Mac) et qui a eu droit à une peinture de la pochette de son EP Suddenly tomorrow dans l'Avis aux inventeurs d'épaves de Pascal Comelade. Je sais bien que ce n'est qu'une face B de cet EP, mais Time of season (rien à voir avec la chanson des Zombies) m'a déçu car c'est un titre lent qui n'est que très légèrement psyché. J'en attendais beaucoup mieux.

Les découvertes
Je n'attendais absolument rien du titre du Trio Athénée, d'autant que je les confondais avec Les Athéniens, qui ont accompagné Nana Mouskouri. Mais jamais je n'aurais pensé que Chez les grecs (Oyez-les !), une face B de leur EP Quand il fait chaud (Caliente), pourrait être ce petit bijou délirant d'humour polyglotte, avec même de la fuzz. La bonne surprise de l'album.
Je ne connaissais pas du tout Eddie Lee Mattison (Roy Edwards de son vrai nom). Son Take your time est un titre Rhythm and Blues d'excellente facture, une de ces obscures pépites recherchées par les fans de Northern Soul.
Sur Les Fauves, Cléo chante avec une diction à la Dutronc. Ce n'est sûrement pas un hasard car, sur le même EP, elle interprétait Et moi, et toi, et soie, en référence à Et moi et moi et moi bien sur et sur une musique de Dutronc. Pas mal du tout.

Les autres
Ce n'est pas vraiment mon truc, mais Muriel Boreen avec Bientôt vingt ans (son seul 45 tours, orchestre dirigé par Jean-Claude Vannier) et Liz Sarian avec On s'aime, avec des échos de Patricia Carli, font partie de ces nombreuses chanteuses que Vogue a tenté de lancer et, dans le style, ces deux chansons sont tout à fait correctes.

En résumé, ce disque est sûrement un bon reflet de la production pléthorique de Vogue en 1967. A 40 centimes c'est une bonne affaire. Chez Discogs, il faudrait dépenser en moyenne 300 € pour s'offrir les 45 tours originaux de Clothilde, Cléo, Muriel Boreen, Eddie Lee Mattison et The Kinetic !

Le disque peut être téléchargé chez Doc Over Blog.




Jacques Dutronc, Les cactus, en direct dans l'émission Rendez-vous au bowling de la Radio Télévision Suisse, en 1966.






Antoine, Je l'appelle Cannelle, avec la participation d'Henri Salvador.

10 juin 2017

YANN TIERSEN : Monochrome interprété par DOMINIQUE A


Acquis le 10 juin 2012 sur le vide-grenier de Roches-sur-Marne
Réf : VISA 7076 -- Édité par Labels en France en 2002 -- Échantillon promotionnel - Interdit à la vente
Support : CD 12 cm
Titre : Monochrome

Ces derniers mois, j'ai eu l'occasion d'acheter quatre albums différents de Yann Tiersen, à des prix allant de 50 centimes à 1 €. Je les ai écoutés et appréciés et, aussi bien pour la version studio sur Le phare que pour celle en public sur C'était ici, je me suis fait la réflexion que Monochrome était peut-être ma chanson préférée à la fois de Tiersen et de Dominique A.
Je crois bien que, il y a quelques semaines, j'ai même regardé s'il existait un single commercialisé avec ce titre (la réponse était non). Et puis en début de semaine, en rangeant un des albums, sur quoi est-ce que je tombe ? Un single promo en pochette carton avec justement la version en public de Monochrome !
J'ai une bonne excuse pour ne pas m'être précisément souvenu que j'avais ce disque puisque, il y a pile cinq ans aujourd'hui, j'avais acheté pas moins de 58 disques, 45 tours, 33 tours et CD, à Roches-sur-Marne à un gars qui probablement écoulait une fin de stock d'une boutique de Saint-Dizier. Celui-ci m'avait coûté 5 centimes.
J'avais vraiment fait une bonne pioche ce jour-là, puisque c'est le cinquième disque que je chronique de ce lot, après Howard Werth, Prince of Wales Stars, Henri Salvador et Lou Reed (ça m'amuse bien d'enchaîner ces deux-là...!).
La version originale de Monochrome est donc sortie en 1998 sur Le Phare. Il y a avait déjà eu à l'époque un promo largement monochrome en pochette carton.
Le premier vers fait référence à un cercle dont il est impossible de sortir et la composition me donne l'impression d'être elle-même circulaire, mais un cercle qui monterait un peu à chaque tour, donc plutôt une spirale, qui à la fin arriverait à l'endroit d'où elle était partie, un peu comme un escalier à la Escher.
C'est Dominique A qui chante, très bien. Le seul reproche que j'ai à faire à cette chanson, c'est que les paroles sont en anglais plutôt qu'en français, mais c'est à Yann Tiersen qu'il faudrait le faire plutôt qu'à Dominique, puisque c'est lui qui est l'auteur des paroles en plus d'être le compositeur de la musique.
Une vidéo très réjouissante a été tournée pour cette version de Monochrome :



La version qu'on trouve sur mon CD, toujours chantée par Dominique A, a été enregistrée à la Cité de la Musique à Paris en février 2002, dans le cadre d'un récital co-produit avec le Printemps de Bourges.
La version de la chanson n'est pas fondamentalement différente, à la différence notable de la présence des cordes de l'ensemble orchestral Synaxis. Cette version est aussi un peu plus énergique et enlevée.
Une réussite en tout cas, et décidément je fais de belles découvertes cette année en chinant dans mes propres étagères !



05 juin 2017

THE ROLLING STONES : Les Jours Star avec Les Rolling Stones


Acquis sur le vide-grenier du Mesnil Sur Oger le 21 mai 2017
Réf : 533 773-4 -- Édité par Universal Music Projets Spéciaux en France en 2012 -- Hors commerce
Support : CD 12 cm
Titres : It's only rock 'n' roll (But I like it) -/- Start me up

C'était le seul disque du stand, posé bien en évidence sur la table, encore sous cellophane. Quand j'ai compris de quoi il s'agissait, je me suis dit que ce serait intéressant  de le prendre, mais je n'aurais sûrement pas misé dessus plus que les 50 centimes que la vendeuse en demandait.
On trouve au dos de la pochette la mention "Hors commerce", assez courante, notamment pour des disques promotionnels distribués hors du circuit traditionnel de vente de détail. Mais dans ce contexte, cette expression prend une saveur particulière, car ce disque n'existe que dans le cadre d'une opération commerciale, et même publicitaire !
L'année 2012 était la cinquantième depuis les débuts des Rolling Stones, marquée comme il se doit par des concerts, l'édition d'une compilation de cinquante titres (dont deux inédits), d'un livre, etc. etc.
Un bon prétexte pour que Carrefour Market sélectionne les Stones cette année-là pour son opération Les Jours Star, une animation commerciale en magasin relayée en ligne.
Comme l'explique Mathieu Monniot, qui a travaillé dessus, l'opération se déclinait en :
  • Un jeu de cartes à collectionner (une pochette pour 20 € d'achat).
  • Un juke-box (payant, apparemment) permettant de gagner des milliers de "cadeaux rock".
  • Un site spécial en ligne avec des concours pour gagner des séjours à Londres, "la guitare dédicacée de Keith Richards" et une application Facebook pour gagner des lots en "tirant la langue comme Mick Jagger" !
J'imagine que c'était censé être une opération gagnant-gagnant pour les Stones et pour Carrefour Market, dont la clientèle sûrement pas très jeune doit sûrement en partie s'intéresser à ce groupe, ou au moins le connaître.
Parait-il que la première fois que les Stones ont autorisé l'usage de leur musique pour de la pub, c'était en 1995 pour le son de démarrage de Windows 95 (Start me up, ah ah ah !), contre trois millions de dollars. Depuis, les écoutilles sont largement ouvertes et visiblement il n'y a plus de limites à la commercialisation du catalogue.
Je suppose que ce CD deux titres, avec évidemment bien en évidence le logo à la bouche qui est une marque commerciale déposée, est l'un des petits lots qui étaient offerts dans les différents concours organisés.
On y retrouve deux titres publiés après la période Decca, c'est à dire choisis dans le catalogue dont le groupe reste propriétaire. Il s'agit de deux succès qui sont devenus des classiques de la période "mâture" du groupe, It's only rock 'n' roll (But I like it), le morceau qui a donné son titre à leur album de 1974, et Start me up, le premier 45 tours extrait de l'album Tattoo you en 1981. On était dans une période où le groupe avait encore un très grand succès, mais cela faisait déjà longtemps qu'il n'était plus essentiel.
Autant leur inspirateur Chuck Berry a créé avec Roll over Beethoven et Rock and Roll music deux vrais hymnes au Rock 'n' Roll, autant on a ici une chanson longue, dont on ne retient que le refrain, un refrain qui semble justement dénigrer ce style musical : "Je sais que ce n'est que du rock 'n' roll mais j'aime bien ça".
A l'époque où Start me up est sorti, Richards et Jagger ne se parlaient pas et, pour avoir un nouvel album dans les temps, l'entreprise Rolling Stones en a été réduite à reprendre des bouts de titres entamés dans les années précédentes pour les compléter et rajouter du chant dessus. Start me up, c'est avant tout un riff de guitare. Il est conseillé de ne pas s'attarder sur les paroles ("Si tu me démarres, jamais je ne m'arrêterai. Tu fais pleurer un homme mûr."), et même le riff risque d'être gâché à vie si on regarde la vidéo, réalisée comme celle de It's only rock 'n' roll par Michael Lindsay-Hogg, avec Mick Jagger qui danse sur l'introduction, visiblement après avoir forcé sur les cours d'aérobic.
Allez, on sait bien qu'il n'est pas question ici de rock 'n' roll, mais on peut chanter tous en choeur "I know it's only big business (but I like it)" !


La page d'accueil du site de l'opération Les Jours Star avec Les Rolling Stones.





04 juin 2017

NINA SIMONE : My sweet Lord (Spécial club)


Acquis sur le vide-grenier de Dizy le 28 mai 2017
Réf : PR 005 -- Édité par RCA en France en 1972 -- Tirage limité - Vente interdite au public
Support : 33 tours 30 cm
Titres : My sweet Lord -/- My sweet Lord

Dimanche dernier, on s'est pointé à dix heures trente passées sur la broc de Dizy, sympa et pratique, installée sur les deux côtés d'une avenue qui traverse le bourg.
Autant dire que, arrivant après des dizaines de collectionneurs, je ne visais pas la bonne affaire exceptionnelle. Je m'attendais même à revenir bredouille mais, dans une caisse d'une petite quinzaine d'albums qui ne payaient pas de mine (des compilations de reprises de succès par des groupes anonymes, principalement), je suis d'abord tombé sur Rock anthology vol. 2, encore un disque a priori quelconque, sauf qu'il n'est pas crédité à un anonyme, mais au seul Albert King.
Le moment était venu de demander au camelot le prix de ses disques. Il m'a répondu 20 centimes, et j'étais déjà bien content de ma journée. Précisons que ce disque est une (ré)édition d'avant 1971 (C'est un BIEM) de l'album King, does the King's things de 1969, qui est bien une anthologie du rock puisque, on l'aura compris, Albert n'y fait que des reprises d'Elvis Presley. Pas un mauvais disque, mais je n'aime pas trop le chant d'Albert, et le son typique de Stax est à mon goût trop en retrait sur cette production du label de Memphis.
Je n'imaginais pas trouver un autre disque intéressant dans la poignée qui restait dans la caisse. Et pourtant ! J'ai vu le verso d'une pochette, avec un texte imprimé en écriture manuscrite sur fond noir, et j'ai aperçu les mots Nina Simone. J'ai retourné la pochette et j'ai constaté qu'il s'agissait d'un disque que je n'avais jamais vu. J'ai sorti le disque, et j'ai vu que c'était un maxi promo avec le même titre sur les deux faces. Bingo !

Le texte au dos de la pochette est sûrement dû à un responsable commercial de chez RCA, mais je n'arrive pas à déchiffrer sa signature, qui commence par un "J" majuscule, comme le "Je" de son texte.
Il s'adresse visiblement aux DJs des boites de nuit et aux animateurs de radio qui avaient fait un succès du 45 tours My way, en leur proposant ce My sweet Lord, "enregistré lors d'un show télévisé public contre la guerre du Vietnam organisé par Jane Fonda".



Il ne m'a pas fallu trop longtemps pour apprendre que cet enregistrement a été publié en 1972 sur l'album Emergency ward.
My Sweet Lord, en medley avec le poème Today is a killer écrit par David Nelson des Last Poets, y occupe entièrement la première face. Contrairement à l'habitude, la version "club" de mon disque n'est pas plus longue que l'originale, mais plus courte puisque, à 14'37 ici, on a un titre amputé de près de 4' par rapport à la version album, minutes qui ont dû être prises au début et à la fin. Par contre, même si les crédits ne le mentionnent pas, on y entend bien Today is a killer.
Les conditions d'enregistrement de ce titre sont intéressantes à connaître. J'ai trouvé des informations détaillées à ce sujet dans le livre Nina Simone, une vie de David Brun-Lambert, dont on peut lire de larges extraits en ligne.
L'enregistrement a eu lieu dans le cadre de la tournée Free the army organisée par Jane Fonda et Donald Sutherland contre l'intervention américaine au Vietnam. Un documentaire sur cette tournée, F.T.A. (pour "Free the army", officiellement, mais tout le monde comprenait "Fuck the army"), est sorti en 1972, mais bizarrement il n'est resté en salles qu'une semaine. Il a depuis été réédité en DVD. Voici sa bande annonce.


La bande annonce pour la réédition en DVD de FTA.

Le concert de Nina Simone a eu lieu le 18 novembre 1971 à Fort Dix en l'honneur de soldats noirs de retour au pays. Apparemment, le public l'a attendue pendant des heures. Quand elle est finalement apparue sur scène, dans une ambiance folle, entourée notamment par la chorale Bethany Church Junior Choir de South Jamaica à New York, par son frère Sam et sa fille Lisa, elle leur a directement balancé cette version épique du tube de George Harrison. 
My sweet Lord, c'est à la fois le premier 45 tours solo de l'ex-Beatles, son plus grand succès dans les classements des ventes et aussi le titre qui a terni sa réputation, puisqu'il a perdu un procès intenté pour la trop grande ressemblance avec le He's so fine des Chiffons.
Nina Simone met vraiment la chanson à sa sauce. Elle modifie les paroles : plus de références à Krishna ou Rama, ici, seulement des "Alléluia" pour cette version gospel/chrétienne prise sur un rythme effréné, rythmée par les chœurs, les percussions, des claquements de main et une basse énorme.
Difficile d'écouter cette chanson sans se bouger, sans chanter et sans finir quasiment en sueur.
L'insertion du poème des Last Poets, sur la fugacité du bonheur et des rêves et le caractère meurtrier du quotidien, renforce la chanson et montre à quel point Nina Simone s'est impliquée dans l'interprétation de ces deux œuvres.
Malgré les envois promotionnels (il y a aussi eu un 45 tours promo avec une version très raccourcie mais pas de sortie commerciale), je ne crois pas que l'album Emergency ward s'est particulièrement bien vendu en France, mais je suis fort content d'avoir glané cette rareté.

27 mai 2017

DON'T WORRY BE ANGRRY (VARIOUS ARGHTISTS 2)

https://www.flickr.com/photos/denisgrrr/
Offert par Fabienne M. à Mareuil sur Ay en mai 2017
Réf : GRr 024 -- Édité par !aNGRr! en France en 2017
Support : 4 x 33 tours 25 cm
48 titres

Je ne sais pas comment je me suis retrouvé il y a plusieurs années inscrit sur la liste de diffusion des informations de Madame Macario, mais mes adresses circulent pas mal, ce n'est donc pas trop étonnant.
Et ces lettres de Madame Macario sont mémorables. Ça tient à pas grand chose, la typographie, le vocabulaire, le ton, mais on devine en quelques lignes un personnage, qui se définit comme un arghtiviste culturel, dont on ne doute pas pas qu'il est plein d'enthousiasme et qu'il doit posséder un abattage et une tchatche impressionnants.



Les activités de Madame Macario sont nombreuses et variées. Le chant-hurlement depuis des décennies dans diverses formations (Stanley Kubi, Moustafa Moustache,...), l'organisation de concerts-événements et de tournées, la publication de disques avec le label !aNGRr!, la diffusion culturelle avec son info$hop aNGRRykULTURRa, une disquerie et bouquinerie, la participation aux projets du Cirque Électrique et du festival Sonic Protest,...
Un de ses derniers projets en date c'est ce très beau coffret, qui associe musique et graphisme, sous la forme de quatre 33 tours 25 cm en vinyl de couleur aux pochettes illustrées plein cadre et d'un livre carré de 60 pages.
C'est en fait, vingt ans après, le deuxième volet de la collection Don't worry be angrry. Le premier volume, un 33 tours accompagné d'un livre, avec 19 titres par 6 artistes, est toujours disponible.
Je me suis fait offrir ce volume 2 de Don't worry be angrry, pour soutenir le projet et parce que j'avais repéré plusieurs noms qui m'intéressaient dans la liste des huit artistes au programme musical (un par face de disque).
A commencer par Albert Marcœur, dont j'étais justement en train de me délecter du nouvel album Si oui, oui. Sinon non. Les quatre titres qu'on trouve ici sont je crois précédemment inédits sur disque. Ils ont été enregistrés entre 1972 et 2000 et ont été initialement diffusés comme "bonus" liés à l'achat d'albums en MP3 réédités par Label Frères. Mon préféré est Télé telle quelle, qui s'appelait initialement Télé bonus. Il y a un riff de guitare étonnant ici qui aurait presque pu en faire un tube pop-rock. Comme Déclaration officielle, interprété en public avec le Quatuor Béla, il date de la période de l'album M, A, R et cœur comme cœur. Du coup, je me suis décidé à le commander.
Ensuite viennent Fantazio et Benjamin Colin. Cela fait des années que Le Vieux Thorax me parle de ce musicien Fantazio (contrebassiste) qu'il suit de près. Avec leur projet Monnaie de Singe, ils ont donné 300 concerts improvisés de 1999 à 2014.
L'une des caractéristiques de ce coffret, c'est sa variété. Aussi bien dans les genres musicaux présentés que dans l'origine des titres (rééditions, inédits, anciens, récents,...).
J'ai pris une claque à l'écoute de Tapaz, le premier des quatre titres de Christine Salem inclus ici. La photo de pochette, par Frank Loriou, est assez intemporelle. J'ai cru avoir affaire à une chanteuse soul des années 1970. Pourtant, l'album Larg pa lo kor, dont viennent les quatre titres, date de 2015.
Christine Salem est originaire de La Réunion. Avec son groupe Salem Tradition, elle était présentée comme chanteuse de Maloya, mais en solo elle concocte une mixture personnelle, où j'entends notamment l'écho du rock le plus primitif de Bo Diddley. Il y a ces paroles en créole, d'autant plus fascinantes et mystérieuses pour moi à chaque fois que j'ai l'impression de saisir des bribes de sens ("Réglements de compte les couillons" ?).
On change de disque et complètement de style avec Guess What, un duo orgue-batterie. On a ici cinq extraits de Mondo Giallo, leur deuxième album, qui propose la bande originale instrumentale de quatre films "giallo" italiens imaginaires.
Ensuite, on a carrément la réédition (plus un titre), de And this way red neck do you like it ?, un 45 tours EP de 1989 de Witches Valley, qui figure à juste titre au panthéon garage-fuzz du Vieux Thorax, encore lui.
Les premières notes de l'excellent Gollnish dans les prés… de Gopher Wyborowa m'ont évoqué un croisement entre The Ukrainians et Shrimp Boat. C'est sans doute dû à la formation assez originale, qui associe mandoline, banjo, basse et batterie. J'attendais aussi beaucoup du titre Abba bella ciao, mais l'écoute m'a un peu déçu.
Après Christine Salem, 'autre grande découverte pour moi, c'est Dr. Snuggle et MC Jacqueline.
Leur album est initialement sorti en 2003 sous la forme d'un CD-R partagé avec Rocky Kat. Il a été réédité en 2009 en vinyl, mais c'est épuisé. Il est désormais sur Bandcamp, et on en a huit titres ici. Ils font un excellent hip-hop électronique, avec un gars qui hurle des conneries à se tordre par dessus. Dans le genre, je ne peux que penser à mes potes Les Boum Bomo's (qui sont moins hip hop). Richard. 53 ans est sûrement leur tube, mais La samba, Peine de mort et les autres sont du même tonneau.
La dernière face est pour Unlogistic, un groupe hardcore avec Madame Macario en personne au chant. Il s'agit de tous les titres (sauf un) de leur premier album Capitulation, paru en 2006.

Je vous propose ma sélection personnelle, à raison d'un titre par face :
  • Albert Marcœur - Télé telle quelle
  • Fantazio et Benjamin Colin - Petites voix
  • Christine Salem - Tapaz
  • Guess What -Il serpente
  • Witches Valley - Go with him to heaven two
  • Gopher Wyborowa - Gollnish dans les prés…
  • Dr Snuggle & Mc Jacqueline - Richard. 53 ans.
  • Unlogistic - Propaganda Macario
Des CD m'auraient suffi (mais les pochettes à elles seules peuvent justifier le vinyl), mais ce coffret est une réussite. Offrez-vous le, ou faites-vous le offrir !

Don’t Worry, Be Angrry – Various Arghtists 2 est disponible jusqu’au 30 juillet en vente directe (de la main à la main) sur le stand « commère-cial » de Madame Macario au Cirque Électrique (Place du Maquis du Vercors, 75020 Paris) ou par correspondance chez CD1D.






Plonk & Replonk, De la presquitude des choses.


Kiki Picasso, image tirée de Mosaïque bordélique.

25 mai 2017

ALBERT MARCŒUR ET LE QUATUOR BÉLA : Si oui, oui. Sinon non


Acquis par correspondance chez Label Frères en mars 2017
Réf : [sans] -- Édité par Béla Label & Label Frères en France en 2017
Support : CD 12 cm
9 titres

Cela fait quelques années maintenant que je suis abonné à la Lettre d'Albert Marcœur. La parution est irrégulière (plus d'un an entre la 39e et la plus récente, la 40e), mais c'est toujours un plaisir de la lire. On y trouve des informations sur ses projets, bien sûr, mais aussi des anecdotes, réflexions, coups de gueule...
L'annonce de la parution sur disque d'une collaboration avec un quatuor à cordes avait retenu mon attention, et j'ai encore plus dressé l'oreille quand j'ai écouté un titre chez Culturopoing. Ça m'a décidé à commander le CD illico, et j'en suis bien content car le disque est réjouissant de bout en bout.
Si oui, oui. Sinon non est écrit et composé par Albert Marcoeur, qui chante et joue de la table sonore et des percussions. Le quatuor Béla ne se contente pas de jouer des cordes, puisque trois de ses membres contribuent des voix : des chœurs, mais aussi des effets sonores, comme le son des roulettes de valises ou le bourdonnement des mouches. Chapeau !
A l'origine,il y a un spectacle créé en 2013 au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris dans le cadre du festival La voix est libre, avec apparemment une scénographie particulière, avec Marcœur, ses partitions et quelques accessoires assis à une table au centre de la scène, et les musiciens du quatuor en arc de cercle derrière lui. Des représentations ont lieu régulièrement depuis. La prochaine est prévue le 5 août aux Utopies Festivales de Pisy.
La production du disque a pris un peu de temps, puisque les enregistrements datent de 2015. Il s'ouvre sur une introduction instrumentale de plusieurs minutes, avant qu'Albert Marcœur n'aligne expressions toutes faites et lieux communs, ce qu'il désigne comme des Pirouettes pour des prunes.
J'aime toutes les chansons, je ne vais donc pas les lister une à une, mais toujours est-il que, quel que soit le style des compositions, Marcœur a un style qui lui est propre, qu'on peut retracer dès ses premiers enregistrements il y a plus de quarante ans jusqu'à ces chansons sur Les mouches, les produits d'Entretien ("Y'a plus de papier cul"), l'école libre qui est privée... Outre Les valises à roulettes et Les deux petits vieux, le titre qui a le plus attiré mon attention initialement est La fanfare des Laumes, est un peu à part sur le disque, à la fois parce qu'il contient des échantillons musicaux d'autres disques et parce que les paroles sont issus du témoignage d'un ancien tubiste recueilli par Claude Marcœur.

L'album est en vente chez Label Frères, où l'on peut écouter des extraits de tous les titres, et chez Quatuor Béla, où deux titres sont en écoute intégrale.


Albert Marcoeur & le Quatuor Béla, Les valises à roulettes, lors de la création en 2013 de Si oui, oui. Sinon non pour le festival La voix est libre au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris.


Albert Marcoeur & le Quatuor Béla, Les mouches, en 2014 au Festival Sonic Protest au Cirque Electrique à Paris.


Albert Marcoeur & le Quatuor Béla, Déclaration officielle, en 2014 au Festival Sonic Protest au Cirque Electrique à Paris. Cette chanson, parue à l'origine en 1998 sur M, A, R et cœur comme cœur, ne figure pas sur l'album.

20 mai 2017

TONY MILTON : À l'Épi-Club


Acquis sur le vide-grenier de Germaine le 30 août 2015
Réf : 90 S 366 -- Édité par Versailles en France en 1962
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Meet me at the Madison Square -- I can't stop loving you -/- Oh yeah, ah ah -- Well I told you

Bon, j'ai plus ou moins entrepris de ranger ensemble certains de mes 45 tours arrangés et dirigés par Mickey Baker. C'est en partie pour ça que j'étais retombé sur le Vic Upshaw.
Je me doutais bien que, au long de son riche parcours, le Popcorn n'était pas la seule "nouvelle danse" à laquelle il s'était attaqué. Rien que pour la période 1962-1965, j'ai trouvé dans l'impressionnante liste des sessions publiée par Surfinbird, des mentions du Twist, de la Bossa Nova (chez Régine) et du Snap.
Mais il y a eu surtout le Madison, que Mickey Baker a largement contribué à populariser avec Le grand M de Billy Bridge.
Je l'ai. Pas mal, surtout l'orgue et la deuxième partie, mais le chant est très variété. Je lui préfère ce disque de Tony Milton sorti quelques semaines plus tard, lui aussi avec "Arrangements et orchestre, Mickey Baker", avec un gros rond "Madison" au recto et la mention de ce mot dans le titre principal.
L'Épi-Club mentionné sur la pochette est le premier club ouvert par Jean Castel, en 1957. J'ai aussi un 33 tours paru à la même époque, Twist à l'Épi-Club.
J'ai écouté ce disque quand je l'ai acheté en 2015, mais sûrement un peu distraitement. Il faut dire qu'il était dans la pile qui contenait le Bobby Lewis et le Chiefs (l'ancien propriétaire est le même) et en plus son écoute n'est guère confortable : si la pochette est en état tout à fait correct, le disque est râpé et, même lavé à l'eau, il craque, fait plein de parasites et compte deux ou trois rayures.
Là, je l'ai réécouté et je trouve toujours la face A assez quelconque. Meet me at the Madison Square est un original co-signé par le chanteur et Mickey Baker. I can't stop loving you est une reprise de Don Gibson. Pour une fois que ce n'est pas Oh, lonesome me qui est repris, c'est sa face B ! Cette chanson de 1957 a été un succès pour Ray Charles en 1962, et ce n'est absolument pas un hasard si on la retrouve ici.
En effet, Tony Milton, de son vrai nom Tony Middleton, est un chanteur américain. Comme beaucoup d'artistes noirs américains qui trouvaient chez nous un bon accueil, il est venu faire carrière à Paris en 1962. Contrairement à Memphis Slim et Mickey Baker, qui sont restés en France toute leur vie, lui est reparti aux États-Unis après quelques années, mais il a enregistré quelques disques chez nous, dont celui-ci. Selon la citation que l'on trouve chez Soul Music HQ à propos de ce disque, Tony a dit "Ouais, ils voulaient un truc à la Ray Charles, alors c'est ce que j'ai essayé de leur donner.".
Le quatrième titre du disque, pas mal du tout, est d'ailleurs une reprise de Well I told you, une chanson créée en 1961 par Richard Barrett and the Chantels, qui est une réplique à Hit the road Jack.
Mais la perle du disque, et cette fois à la deuxième écoute je ne m'y suis pas trompé, c'est Oh yeah, ah ah, un original de Mickey Baker, un rhythm and blues entraînant et dansant, parfaitement chanté par Milton, avec un saxophone bien épais et un très bon rythme.
Chez Surfinbird toujours, on apprend que l'enregistrement s'est fait le 23 mai 1962, et que l'orchestre de Mickey Baker comprenait ce jour-là Ivan Julien, Raymond Katarzynski, Hubert Rostaing, William Boucaya, Georges Arvanitas, Barthélémy Rosso, Léo Petit, Pierre Michelot, Arthur Motta, Armand Molinetti et des chœurs féminins.
Ce titre n'a été édité qu'en France, mais il vaut bien des productions américaines.
En cherchant la chanson en ligne, j'ai découvert qu'on voit Tony Milton l'interpréter dans le film Nous irons à Deauville.
Un gars a eu la bonne idée de mettre l'extrait correspondant sur
YouTube:



Ça me convient parfaitement, mais si ça vous dit, vous pouvez même vous taper le film entier sur YouTube (voir ci-dessous), avec Louis de Funès et Michel Serrault dans leurs œuvres. Moi, j'ai tenu cinq minutes.
J'ai donc encore trouvé une perle inconnue en chinant dans mes propres étagères. J'espère que d'autres s'y cachent encore !
Quant à Tony Middleton, il est assez vite retourné aux États-Unis où, aux dernières nouvelles, il poursuivait sa carrière de chanteur. Dans les années 1960, il a notamment enregistré une version de My little red book avec l'orchestre d'un de son compositeur Burt Bacharach.

La Bibliothèque Nationale de France, établissement public s'il en est, a confié à des sociétés privées le soin de numériser son exemplaire du disque de Tony Milton, ainsi que des milliers d'autres faisant partie non seulement des collections publiques, mais aussi plus largement du domaine public.
En foi de quoi, aux termes des contrats signés, il faut payer 0,99 € par titre pour accéder à ces chansons, ou attendre encore quelques années pour qu'elles soient effectivement disponibles librement.
D'ici là, on doit se contenter de 30 secondes d'écoute, sur le site Bnf Collection par exemple. Ce qui laisse juste assez de temps pour s'interroger sur l'étrange mention "Copyright BNF Collection 2014" qu'on y trouve.



12 mai 2017

THE MICHELS : Blue moon


Acquis sur le vide-grenier d'Avize le 8 mai 2017
Réf : HIT 451 -- Édité par Roy en France en 1961
Support : 45 tours 17 cm
Titres : THE MICHELS : Blue moon -- THE TOP-HITS : Surrender -/- CHIBBU KLEBER : Pony time -- THE TOP-HITS : Apache

Le temps était correct à Avize lundi dernier et j'ai trouvé quelques disques. Rien de génial ni en qualité ni en quantité, mais j'ai quand même été bien content de trouver, pour 50 centimes, ce 45 tours en très bon état.
Il me semble que je connais cette pochette. Je l'ai peut-être déjà vue chez Dorian Feller. Belle réussite en tout cas, complètement d'époque, avec sa pin-up blonde en polo tricoté sur un maillot de bain, plus des nœuds rouges dans les couettes !
J'ai examiné rapidement le disque sur place, et sur le coup j'ai cru avoir affaire à une édition française d'une production d'un label américain spécialisé dans les éditions pas chères d'airs connus, comme Pontiac/Remington par exemple.
J'avais vu en tout cas qu'il y avait des versions d'Apache des Shadows et de Blue moon. Du coup, j'étais persuadé que, pour ce dernier titre, ce serait une version instrumentale, comme celles de Santo & Johnny ou Marcel Bianchi.
C'est à l'écoute du disque, quand j'ai découvert que Blue moon était chanté et que le titre était attribué à The Michels (à ne pas confondre avec le duo contemporain de Rennes), que j'ai compris ce qui se passait.
Il faut imaginer la scène, en 1961, un peu partout dans les provinces françaises. Un gars se pointe chez l'épicier du coin, qui a quelques disques en vente, et lui dit qu'il voudrait le 45 tours d'une chanson qu'il a entendue à la radio. "Bloumoune" ça doit s'appeler, et le groupe, c'est "Ze quelque chose, avec un prénom je crois". Et le gars repart tout content avec son disque de The Michels, alors que la chanson qu'il a entendue à la radio, c'était celle du groupe américain de doo-wop The Marcels !! Mais bon, rien de grave, la version des Michels est très compétente et aussi proche que possible de celle des Marcels, en plus il y a trois autres succès sur le disque et ça coûtait moins cher !
Même type de procédé sur l'autre face pour la version du célèbre Pony time de Monsieur Twist, Chubby Checker. Là, comme on l'a vu dans le passé avec Shocking Blue/The Blocking Shoes, l'identité originale est à la fois contrefaite et contrepète pour créer un monstre digne de Frankenstein, Chibbu Kleber !!!
Je suis de plus en plus fasciné par l'ingéniosité mise en œuvre au fil des années par l'industrie du disque pour parasiter commercialement les plus grands succès, des multiples "versions originales" aux pochettes copiées, en passant par les assonances sur les noms. Du coup, je viens de créer une nouvelle catégorie, parasite, pour les disques de ce genre chroniqués ici.
Je ne sais pas quels musiciens de session se cachent derrière le nom The Top-Hits mais, outre la version d'Apache, ils proposent ici une interprétation chantée de Surrender, un tube d'Elvis Presley, une adaptation par Doc Pomus et Mort Shuman d'une ballade napolitaine de 1902.
J'ai cherché à en savoir plus sur le label Roy, et j'ai vite compris que, malgré sa bannière avec son beau slogan en anglais "The best is my desire", ça devait être un label français, puisque parmi ses quelques parutions dont j'ai trouvé la trace, il y a un Conte érotico-sadique de Mike Sady, ou O bone Jesus par Les Petits Chanteurs de Saint-Louis de France. J'ai aussi noté que certains disques Roy étaient distribués par Disques Président, un label justement spécialisé dans les productions économiques vendues hors du réseau des disquaires spécialisés. J'ai eu confirmation des liens très proches entre les deux labels en découvrant un autre 45 tours compilation, Only the hits, avec une pin-up brune cette fois sur la pochette, mais les deux mêmes versions de de Blue moon et Pony time, plus deux autres reprises créditées à The Top-Hits.
On note que le nom des interprètes n’apparaît que sur l'étiquette du disque. Aucun nom d'artiste sur la pochette : on a pris soin d'effacer ceux des Marcels et de Chubby Checker sur les extraits de classement Cash Box au dos :




Une nouvelle fois, un grand bravo à tous les gens chez Roy qui ont pris tant de peine à imiter au plus près ces tubes pour réussir à vendre quelques centaines ou milliers de disques. Même s'il s'agit en quelque sorte de contrefaçons, je veux bien trouver quelques autres beaux disques de ce genre au cours de cette saison des vide-greniers.

08 mai 2017

SPACE ART : Nous savons tout


Acquis sur le vide-grenier de Vauclerc le 30 avril 2017
Réf : 49 389 -- Édité par If en France en 1978
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Nous savons tout -/- Mélodie moderne

Comme beaucoup de gens je crois, je connais surtout Space Art pour son tube synthétique de 1977, Onyx. On voit aussi beaucoup le deuxième album et son 45 tours Speedway, tous les deux avec en pochette une tête de scaphandre sur fond rose, mais je ne les connais pas du tout.
L'autre jour, sur le vide-grenier très venteux de Vauclerc, je me suis arrêté sur ce 45 tours de Space Art parce que je ne connaissais pas du tout la pochette, avec un pompier dessiné (par Gilles Lacombe) qui rappelle justement le scaphandre des autres disques, ni le titre Nous savons tout, et parce que j'ai été intrigué par la mention "Le premier groupe de vulgarisation scientifique" sous le nom du groupe.
A défaut d'explications sur la pochette, je pensais qu'il y aurait dans la chanson correspondante un lien avec ce slogan, mais non, le chant est tout au Vocoder et les seules paroles compréhensibles sont le titre, ce qui est une façon très lapidaire de présenter l'ensemble des connaissances scientifiques ! Je me disais que ceux qui s'expriment pourraient être des savants fous, mais pas trace d'eux dans les sillons du disque, a priori.
Je ne le savais pas, mais Space Art était un duo, composé de Dominique Perrier aux claviers et de Roger/Bunny Rizzitelli aux percussions. Comme beaucoup de musiciens électroniques français, ils ont eu l'occasion de travailler avec Jean-Michel Jarre. Musicalement, ils en sont proches, ainsi que de Vangelis, voire même Kraftwerk par certains aspects. Bien avant Daft Punk, dont ils font sûrement partie des inspirateurs, ils apparaissaient masqués sur scène, en tenue de vulcanologue.
Bunny Rizzitelli est mort en 2010, mais Dominique Perrier est toujours actif. Son Dominique Perrier Project a notamment sorti en 2012 un Space art tribute.
Le groupe a publié trois albums entre 1977 et 1981, mais ce 45 tours, qui n'a pas dû trop se vendre, est sorti entre le deuxième et le troisième album mais ne figure sur aucun d'entre eux. Ça explique peut-être pourquoi je le connaissais si peu.
Dans le style, Nous savons tout est un titre qui fonctionne bien, avec séquenceurs, boîtes à rythmes, synthé et Vocoder. Je ne sais pas ce qu'elle a de précisément moderne, mais je n'ai pas été surpris de découvrir que la face B Mélodie Moderne est un instrumental électronique.
L'intérêt pour ce style de musique est fort ces derniers temps. Le maxi original Nous savons tout a été réédité aux Etats-Unis par Dark Entries. A la fin de l'an dernier, c'est Because Music qui a sorti en France un EP de remixes de Space Art. On y trouve trois versions de Nous savons tout, et la première d'entre elles reste très proche de l'originale.





07 mai 2017

TELEVISION PERSONALITIES : I was a mod before you was a mod


Acquis neuf je ne sais plus où vers septembre 1995
Réf : OVER 41 CD -- Édité par Overground en Angleterre en 1995
Support : CD 12 cm
11 titres

Pour mon livre Television Personalities : Journal d'un fan de chambre, toujours disponible en téléchargement gratuit ou en version imprimée, j'ai réécouté et commenté tous les albums studio du groupe, et c'est I was a mod before you was a mod qui m'a le plus agréablement surpris, alors que j'ai été un peu déçu par le sombre Closer to God et l'album de la reformation My dark places. Au bout du compte, je dirais que c'est l'un de mes albums les plus réussis et l'un de mes préférés du groupe, avec les deux premiers et My painted word.
J'ai acheté ce disque dès sa sortie. Je l'ai apprécié, mais assez superficiellement car je ne l'ai pas écouté tant que ça. Je ne l'ai passé qu'une paire de fois dans mon émission Vivonzeureux!  (En attendant la mort...), même si je n'ai pas oublié de le faire figurer en fin d'année dans mes choix de 95.
Cet album est de fait un disque solo de Dan Treacy. Après la fin en 1993 de la période en trio du groupe, la plus stable puisqu'elle durait depuis 1993, diverses formations du groupe ont tourné, mais pour les disques, enregistrés au Toe Rag Studio de Liam Watson, avant que ça devienne le point de passage obligé de tous les amateurs de son authentique, dont les White Stripes, c'était surtout Dan seul, avec l'assistance de Liam pour la batterie et les percussions.
Ces enregistrements ont produit plusieurs singles sur Vinyl Japan et Little Teddy, des titres originaux et des reprises, mais la plupart sont aussi plombants que leurs titres (I don't want to live this life, Do you think if you were beautiful you'd be happy ?, Time goes slowly when you're drowning). Et la grande réussite d'I was a mod before you was  a mod c'est que, mếme si les paroles pour la plupart ne sont pas spécialement gaies, même si elles font souvent fonction d'auto-psychanalyse, les chansons sont suffisamment fortes pour les habiller de manière réjouissante, même dans les cas les plus sombres, comme As John Belushi said ("Spent my days in bed, medication fed my head, but now I know that I'll get all the sleep I need when I am dead, as John Belushi said"; une version instrumentale au piano solo de cette chanson est parue cette même année 1995, sous le titre Who will be your prince ?, en face B du single Do you think if you were beautiful you'd be happy ?.), A stranger to myself ("I'm a danger to myself and I won't deny it's true, and in the stillness of the night I feel so troubled through and through, and I know I have to change but it's easier said than done and after all nobody said that life had to be fun") et Everything she touches turns to gold.
Dan joue de la guitare, du piano, de l'orgue, du glockenspiel, et très souvent il fait plusieurs voix sur les chansons et chante plutôt mieux que d'habitude. Sur certains morceaux rapides, comme l'excellente chanson-titre (sortie l'année suivante en single, dans une version remixée décevante), I can see my whole world crashing down ou A long time gone, cela donne une sorte de garage minimaliste du plus bel effet.
Little Woody Allen n'aurait pas déparé sur le premier album And don't the kids just love it et, dans la série des références à des noms connus, on a un troisième exemple ici avec Evan doesn't ring me anymore, en souvenir du soir où le mur de Berlin est tombé. Deux chansons légères, tout comme Things have changed since I was a girl.
Plus je l'écoute, et plus j'apprécie ce disque dans son ensemble, de la première à la dernière note, y compris la deuxième moitié du disque avec I can see my whole world crashing down et Something just flew over my head. On trouve encore le CD original à un prix très correct. Après la plaisanterie des rééditions des premiers albums pour le Record Store Day (vinyls marbrés à 30 £, ben voyons), je crois que Fire Records a en projet un programme de réédition plus complet. Ce sera peut-être l'occasion de donner un coup de projecteur sur ce disque méconnu.

L'album entier est en écoute sur YouTube.

01 mai 2017

VIC UPSHAW : Dance the Popcorn


Acquis sur un vide-grenier probablement à Châlons-en-Champagne vers 2010
Réf : SG 146 -- Édité par Disc'AZ en France en 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Popcorn crazy -/- Popcorn lesson

J'ai acheté ce disque avant tout parce qu'il est écrit et interprété par Mickey Baker. Je ne l'ai pas chroniqué ici sur le moment car j'avais été un peu déçu par ma première écoute.
Mais je suis tombé dessus récemment en rangeant mes disques et je lui ai donné une deuxième chance (j'adore chiner dans ma propre collection, il y a plein de bons disques et c'est pas cher !). Sans que ce soit génial, c'est quand même pas mal du tout, alors voilà.
Cet exemplaire a un intérêt particulier pour moi : l'étiquette dorée du vendeur apposée au recto de la pochette. Étape, ainsi c'est ça le nom de la boutique du Centre commercial Hôtel de Ville (CHV) située entre le Prisunic et le Grand Bazar de la Marne, qui vendait de l'électro-ménager et des disques ! Celle-même où j'avais vu My Sharona en vitrine. Jamais je n'aurais retrouvé ce nom tout seul.
Ce qui est sûr c'est que ce 45 tours de Vic Upshaw a dû rester quelques années dans les stocks d’Étape. En effet, il est sorti sûrement début 1970, alors que la rénovation du centre-ville de Châlons, vilipendée en 1977 par Jean-Marie Boëglin et Cabu dans le livre Ouvrez le massacre, n'a dû aboutir à l'ouverture du CHV que vers 1973. Actuellement, après plusieurs restructurations, c'est devenu la Galerie de l'Hôtel de Ville.
Quant au disque lui-même, comme des centaines d'autres, dont le Oye oye reggae, il a pour but de surfer sur une danse en vogue. Dans ce cas précis, le Popcorn, lancé par James Brown en 1969 avec le 45 tours instrumental The Popcorn, qui ouvre l'album entièrement instrumental du même titre. James Brown a lui-même exploité le filon avec carrément trois autres 45 tours sortis la même année, le tube chanté Mother Popcorn (You got to have a mother for me), Lowdown Popcorn et Let a man come in and do the Popcorn.
Ce 45 tours est visiblement entièrement calqué sur Mother Popcorn. En plus de parasiter James Brown, pour ajouter un argument commercial on a inscrit sur la pochette la mention "Direct from the U.S.A.", ce qui est exagéré et trompeur car, certes, la danse a été lancée aux Etats-Unis et, certes, Mickey Baker et Vic Upshaw sont tous les deux originaires de ce pays, mais cet enregistrement est évidemment une production cent pour cent parisienne.
VIc Upshaw a sorti quelques disques au cours de sa carrière, et il a été aussi comédien, mais il était avant tout danseur et maître de ballet. C'était l'un des chorégraphes favoris de la télévision française, et c'est lui qui, en 1976, a chorégraphié la "nouvelle danse" reggae au François patrice-Saint Hilaire. On en apprend un peu sur son parcours en écoutant l'Inter Actualités de 13h du 13 mai 1970 (voir ci-dessous), dont il était l'invité.
C'est un contrat au Lido qui l'a incité à quitter Hollywood pour Paris, où il s'est installé. Il venait d'obtenir le Prix du meilleur chorégraphe à La nuit du cinéma et de diriger le ballet d'une production de l'opéra-bouffe La Périchole, mais cette année-là il a aussi mis en scène le strip-tease du Crazy Horse Saloon.
C'est à cette occasion qu'avec Alain Bernadin, le patron du Crazy Horse, ils ont eu l'idée de ce disque, après avoir découvert le Popcorn lors d'un séjour à  Las Vegas.
La leçon de danse illustrée de rigueur au verso de la pochette nous est donc sûrement fournie par deux danseuses du Crazy Horse en plus de Vic, et ça explique "l'aimable autorisation" du cabaret, dont le numéro de téléphone, ça mérite d'être noté, était "BAL 69-69" !
Pas de surprise à l'écoute du disque. Popcorn crazy est une approximation tout à fait compétente de Mother Popcorn. On n'en attendait pas moins de Mickey Baker. Sur le modèle des 45 tours de James Brown, Popcorn lesson est une sorte de deuxième partie de la face A, avec juste un peu de voix au début. Je trouve que ce titre fonctionne mieux.
Vic Upshaw est resté à Paris jusqu'à sa mort dans cette ville en 1990, à juste 50 ans.


Journal radio Inter Actualités de 13h du 13 mai 1970. Entretien de Sophie Dumoulin et Bernard Valette avec Vic Upshaw à partir de 41'30. Il est question de Popcorn crazy à partir de 47'30.

29 avril 2017

ROCK OF THE 80'S


Acquis sur le vide-grenier de Vermand le 16 avril 2017
Réf : SDC 30 -- Édité par CBS en France en 1980 -- Vente interdite au public
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Le 16 avril, en route pour l'émission Bam Balam dans les studios de RCV à Lille, avant de m'arrêter à Cambrai j'avais fait une première étape à Vermand dans l'Aisne, où un vide-grenier de bonne taille était organisé dans le centre du bourg.
J'y ai fait de plutôt bonnes affaires, notamment sur un stand où un gars avait une caisse de 33 tours posée par terre.
Quand je lui ai demandé le prix, le gars a répondu d'une façon hésitante "50 centimes ou... ce que vous voulez". Pas cher donc même si a priori, au vu des premiers disques, il ne fallait pas espérer grand chose.
Et pourtant, je suis reparti de là avec cinq disques pour 2 €, dont une compilation sixties Vogue, un beau disque Manuiti de productions Yves Roche à Tahiti, De Tahiti à Moururoa, une compilation de Georges Milton, incluant les deux titres de mon 78 tours, et donc cette compilation Rock of the 80's.
Rock of the 80's, c'est une opération de promotion du catalogue de CBS France lancée sûrement au tout début de 1980. Elle s'est surtout traduite par l'apposition d'un autocollant coloré avec un canard guitariste et fumeur sur les pochettes de tout ce qui sortait chez CBS et qui était plus ou moins pop/rock/new wave, des Nits aux Romantics. C'était assez pénible, surtout quand cet autocollant est venu s'ajouter à partir du deuxième tirage à celui indiquant Le nouveau Clash - 2 disques "prix spécial" sur la superbe pochette de London calling.
Une compilation a également été commercialisée pour renforcer l'impression d'un catalogue unifié, sûrement à prix réduit. Elle a dû bien se vendre car je la rencontre régulièrement.
Pendant toutes ces années, je n'ai jamais eu envie de l'acheter, mais là les disques s'annonçaient vraiment pas chers, et puis ça pouvait compléter ma Discographie personnelle de la New Wave. J'ai donc sorti le disque de la pochette pour voir s'il était en bon état, et c'est là que j'ai vu que le vinyl était vert. J'ai aussi noté qu'il y avait Armagideon time par The Clash sur le disque, ce dont je ne me souvenais pas. C'est la face B du single London calling, une excellente reprise de Willi William, un enregistrement que je dois avoir sur au moins quatre autre disques, mais un essentiel cependant.
Ce n'est qu'une fois rentré à la maison, quand j'ai examiné calmement mes achats, que j'ai noté la mention "Vente interdite au public" en bas à gauche de la pochette et que j'ai découvert que j'avais acheté non pas la compilation Rock of the 80's qui a été commercialisée, qui a la même pochette mais qui s'ouvre avec Trust, mais une compilation complémentaire destinée à compléter la promotion auprès des journalistes, DJs et autres disquaires.
Les deux compilations sont sœurs, forcément puisque c'est le même catalogue à la même époque, avec les mêmes sorties de disque dont on fait la promotion, mais elles sont loin d'être jumelles.
On trouve trois groupes français sur le disque du commerce, Trust, Shakin' Street et Edith Nylon, dont les deux seuls titres de l'album "inédits en 30 cm", Darquier et Femmes sous cellophane. Il y a cinq artistes en commun avec mon disque hors-commerce, mais aucune chanson n'est dupliquée. Les groupes français sont tous absents, mais ce qui est intéressant c'est que les douze titres de l'album, tous édités initialement en 1979, sont aussi très majoritairement "inédits en 30 cm" ! Super !
Il y a un intrus néo-zélandais, Mi-Sex, et une allemande, Nina Hagen, mais sinon le disque se partage entre britanniques et américains. Il y a de bonnes choses, mais malheureusement aucune découverte extraordinaire.
Je connaissais déjà la version originale de Clean clean des Buggles par Bruce Wooley & the Camera Club, très bien, Armagideon time, donc, Don't ask me de Joe Jackson, paru intialement sur la compilation Propaganda, Wir leben noch, la reprise par Nina Hagen du Lucky number de Lene Lovich, qui n'apporte pas grand chose à l'original, Visions of the night, la face B en mode encore rock du Walking on the moon de The Police, et Don't wait up for me, tiré du premier album du The Beat de Paul Collins.
On a droit à Going crazy, une face B d'un 45 tours hors album de Squeeze, mais la grande découverte du disque pour moi c'est Trouble in the world des Only Ones, avec la voix paresseuse de Peter Perrett et des chœurs aux accents gospel. C'est sorti en face A de 45 tours en 1979 et sur l'album Baby's got a gun en 1980, mais la composition de la chanson remonte à l'époque de son groupe précédent, England's Glory, vers 1973.
Pour le reste, de David Werner à Jules and the Polar Bears, en passant par Mi-Sex et 20/20, c'est surtout pop-rock et sans saveur.
Pas grand chose d'exceptionnel donc de gravé dans les sillons de ce disque, mais quand mes yeux sont tombés sur cette pochette la première fois, je n'espérais même pas qu'il aurait un quelconque intérêt !


Bruce Wooley & the Camera Club, Clean clean, en direct probablement pour une émission de télévision.


The Clash, Armagideon time, en concert à l'Hammersmith Odeon à Londres le 27 décembre 1979.


The Police, Visions of the night, en concert au Rockpalast Festival à Hambourg le 11 janvier 1980.


The Beat, Don't wait up for me.



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